Deux mots

Inconnu qu’amènes tu ?

Tu es né inconnu. D’où viens-tu ?
Inconnu, un être inconnu, une chose inconnue…  
Que signifies tu ?

On te nomme. Tu deviens méconnu, peut-être.
Inconnu, t’enfanter est-ce t’arrimer au monde, ou 
Te dépeindre ?

Inconnu, création imaginaire 
Ou existes-tu ?
Accouché par des inconnus, le mystère prend corps, la peur du vide s’estompe, l’angoisse diminue…

Tu as un vocable, tu existes, rassures, parfois tu as évolué. 
Inconnu, recherche proscrite, la messe est dite.
L’ordre règne.

Certains te croient figé dans l’histoire. 
Sur d’anciennes tables tu étais cinq cent soixante, tu es un mot facétieux ; tu es devenu unique.
Qui t’a mis au monde ?

Mot, quel sens… 
Qu’exprimes-tu ? Que révèles-tu ? Quel rôle ? Où nous emmènes-tu ?
Tu es né. Pourquoi ? 

Te souviens-tu des mots partagés 
Nous mettions en vers nos maux et espoirs
Dans des bulles électroniques
Jetées dans les courants des réseaux
Une mer où les noyés osent lever les voiles
Une mer d’écume
Ses bouteilles de larmes salées

Te souviens-tu, tu avais partagé une note 
J’ai cru qu’elle m’était adressée naïf que je suis
Une note musicale au rythme des feuilles pourpres
S’envolant vers un sol terracotta
J’avais rougi de ma maladresse
Décomposé je ne savais quels mots écrire
Cascade de dés inconscients

Te souviens-tu de nos premiers dialogues 
Les mois d’autonome étaient passés
Nos feuilles s’envolaient sur la toile
J’écrivais mes émois après avoir lu tes vers
Mis en vers pour danser avec
Ils avaient le parfum du vin chaud
L’hiver et ses promesses

Te souviens tu de nos bulles printanières
On s’écrivait sur ces réseaux
Cachés des autres
Rien que nos mots à nous
Ils germaient dans nos jardins
On attendait les fleurs de l’autre
Un bouquet d’impatience

Une fleuraison sous l’ombre d’un passé
Chez moi des embruns enivrants
L’été était arrivé avec ce jour
Le jour de te susurrer mon désir
Quitter la mer et rejoindre la terre
Voyager jusqu’à ton jardin
Te souviens-tu Un amour décalé