C’est l’été. Midi. Tout un an qu’elle les attendait , les espérait ces retrouvailles.

Ces noces

Se baigner dans le soleil, la chaleur, la lumière méditerranéenne de toujours.

Les pas sont brûlants, elle doit recouvrir ses pieds pour avancer sur les grains de sable.

A cette heure haute, la couleur s’efface ,

Face au ciel impitoyable dardant ses lames mates sur la plage.

Une brume métallique voile les parasols

Les autres êtres disparaissent

Leurs visages dans l’ombre sous de vastes chapeaux sombres, leurs yeux clos dissimulés derrière des étranges verres noirs.

Elle, elle n’en a jamais porté de ces espèces de verres noirs. Elle a les yeux noirs. Elle a vingt ans.

Le soleil, elle l’a toujours regardé en face, elle, la beauté ténébreuse, indomptable.

Mais aujourd’hui, quand elle relève la tête et fixe l’astre, le soleil sombre très vite. Il se consume, comme un papier que l’on aurait jeté dans l’âtre, le fête finie. Le noir vivant, volatile imprime sa rétine.

Impuissante, elle ne voit plus, elle ne peut que sentir les rayons triomphants du soleil qui la font scintiller.