Les mots creusent parfois plus fort que l’opération
On ne nous dit pas 
pas tout de suite
On ne nous dit pas que peut-être, 
c’est autre chose
Les bouches s’évitent et les regards bafouent la vérité
Les murs écoutent mais je ne comprends pas 
La jeunesse ne peut rien ? 
La jeunesse n’est pas invincible ?
Aucune blouse blanche n’apparaît à la maison
La vérité se gorge de mon sang 
Elle parle en rouge
en goutte à goutte 
Bénin,
Malin 
pour le moment c’est la même chose
Il faut apprivoiser le silence qui hurle
Le corps change mais ne mord pas 
La nuit, il me réveille
Il veut me dire des mots
Des mots qui enflent, 
des mots qui raclent  
Quelqu’un veut-il bien me raconter une autre histoire ?
L’espoir accuse le diagnostic
Lisse, 
Posé comme une toile cirée de publicité 
La bascule de quelques secondes
Un nom de maladie qui ne m’existe pas 
traverse l’air mais ne rebondi pas 
Les coins sombres de la mémoire m’avaient oubliée 
Emprisonnée dans la mesure d’un réel bien ficelé
Pourtant à l’intérieur l’opération avait bien commencé
Sans prévenir,
creuser pour empêcher 

J’ai sali mon corps 
à coup d’alcool 90°
Mais rien n’a changé 

Je porte un nom 
Un nom de famille
Un nom de ville
Un nom de maladie 
Et mon corps n’en sait rien 
Mes intestins pensaient bien faire 
Mais personne ne leur avait appris à lâcher 

Les bons mots.