Armée et mère

L’indice est fait 

d’épines petites feuilles sombres 

au vert s’approche 

bien avant la forêt 

se plante alors un rang :

des ronces

.

Personne 

non personne ne croit qu’avant 

les milliers les troncs tous leurs fruits sur les branches une armée 

de ronces a pris le temps de protéger.

Cette armée est mère faite plante enracinée au sol elle arpente leur tient terre car elle seule fait force protège en irriguant les arbrisseaux ces monte-en-cieux toujours plus haut cette armée faite plante pique ceux qui voient tout en mâche pique ceux qui voudraient détruire

l’immense 

forêt des minuscules.

Corpus dei corpus

Elle se demande si le dieu a un corps elle
a vu ses cheveux leurs milliers de volants 
fils dans l’air l’expression du visage
formerait des nuages vocables vent 
doux petit matin lent frais
paroles en ouragan causant l’effet 
dérèglement elle
a vu le torse au cœur le flanc si surprenant le cœur grossi de pierres le 

flanc et
cabosse 
inerte fou peuplé de gigantesques paysages où paissent quelques arbres bras et jambes tendus 
lourds
ils
ne bougeront pas.

Elle se demande elle a vu le dieu son corps
s’il a le cœur sauvage si ses pieds 
sont sur terre s’il est vrai qu’une 
brume forme 
sa grande tête si le soleil ce 
sans-espoir lui 

avec sa ronde des lunes enchevêtrées

si 

s’ils sont un beau message laissé 

au 

b
o
r
d

de son grand corps 
pour qu’elle le voie pour qu’elle le pense
dans un grand matin elle a vu se demande si le paysage est dieu 

car
ses pieds immenses forment la terre
juste à côté des siens.

  • Pierre-monde –

champ de pierres les herbes 

ont 

abandonné leurs racines 

au granit 

la dureté 

toujours 

de mise il 

est né

.

chemin de pierres un oiseau 

pousse 

sa peur des routes

larges

les goudrons chaud fumant

il court

sa folle

errance

.

cœurs froids de cailles 

les cailloux 

portés au cou des 

villes 

mâchent 

la tendresse qu’il avait forgée

à force 

de fréquentations en pierres

il 

passe à l’âge adulte

.

cime-terre 

.

pour les pierres

.

dans la grande éternelle 

il ne se saura

pas

.

car il est parcouru 

.

le

monde

n’est 

.

rien

.

compris 

d’autre

.

qu’il 

était pierre

.

parcourue

.

.

d’oubli 

Elle se détache?! On le voit bien.

L’auréole est devant 
devant au loin comme un linge pâle.
Pâle? On le sait trop.

La petite est restée.
Allongée.
Elle s’allonge tout en lueurs. Candides.
S’affirme.
Affine.
Sa trace, elle,
ne tombera pas.
Elle ne tombera pas?!
On sait cela?!

Pour le fond, on espère aussi 
la jute, une toile, un grand sac, épais, profond pour que l’on voie.
Voir c’est tenir disait l’oncle 
porter à soi chantait la mère 
retenir, rejeter, mettre à mal la grande distance entre le monde et toi
alors tous nous souhaitons un grand cabas car tout est plat. Oui, tout est plat!

Sans électrocardiogramme,
où vont les battements des lueurs 
leurs entre chocs de glace 
s’enfoncent et voudraient se cogner quelque part pour ressentir leur monde
ces lumières que l’on n’entend même pas
car il n’y a pas de fond

Elles
que l’on a attendues, étant entendu que l’on voulait y croire
vont-elles enfin tomber ?!!
À ne voir que cela! 
L’immense détachement !

Sans aucun sac épais
pour retenir tout ça…