Revue Miroir

La revue des ateliers d’écriture de Laura Vazquez.

Catégorie : Sacha Rivari

  • On les adore
    Leurs sensibles couleurs
    Leurs poésies
    Dont on sait ce repaître
    Drapés de dignité !

    On les adore
    Leurs sensibles musiques
    Que l’on prétend saisir
    Rongés de peur, d’orgueil
    Gangrenés d’ignorance !

    Mais les nommer.

    Leur accorder un nom.

    Et ne pas les livrer
    A ces geôles d’oubli !

    Mais les nommer.
    Ces geôles de mépris !

    Mais leur tendre la main
    A ces cris étouffés
    Mais leur tendre la main
    Aux larmes qui explosent

    Mais leur tendre la main
    Elles sont l’ultime armée
    De la guerre que se livrent
    En nos marges
    Les fous que nous avons créés.

    Ouvrir nos bras
    Nous ne le ferons pas
    Ouvrir nos bras
    Nous n’avons jamais su.

    Et ne plus fuir.

    Accueillir l’évidence
    Que de ces oubliés
    Dépend
    La fragile beauté
    De notre humanité.

  • Un météore
    Un scintillant
                      Bout de Beauté.
    Une petite
    Toute petite
                       Félicité.

    Merveilleux Éphémère
    Que l’aube nous offrait.

    Des enfants comme nous
    Avions bien des bonheurs,
    Des rires qui étincellent,
    Des chants pour faire danser
    Les pétales
                         D’ambre
                                        À la rosée.

    Un millénaire
    Un éternel
                      Bout de Beauté.
    Une petite
    Toute petite 
                         Félicité.

    Merveilleuse, Éphémère,
    Que nous avions portée!

    Si ton éclat s’éteint,
    Il me sert dans ses bras ;
    Désarmée et sans larmes, 
    Le cœur noir-obsidienne, 
    Je ne 
              Dormirai
                              Pas.

    Dans l’univers
    Un éthérique
                           Bout de Beauté.
    Une petite
    Toute petite 
                         Félicité.

    Merveilleux éphémère!

    Nos raisons envolées,
    Que devrions nous taire 
    À la Terre dérobée ?
    Que dire au ciel tremblé ?
    Tant de promesses,
    Tant de souhaits!
    Le rouge cornaline
    D’une joie qui se tait.
    Rouge-sang cornaline…
                          Insidieux
                                          Regrets.

    Microscopique
    Notre Essentiel 
                      Bout de Beauté!
    Microscopique
    Notre petite Félicité.

    Merveilleuse,
    Éphémère 
    Pierre de Lune 
    Irisée.

    Je préserve ma peine 
    Pour mieux t’y abriter.
    Je garde en souvenir
    De nos instants 
    Diaphanes
    Un silence
    d’Opale.
    S’il 
         Pouvait
                       Nous 
                              Bercer.

  • Elle n’aurait
    Disparu
    Dans leurs secrets
    Et elle n’aurait sombré
    Dans leurs silences.

    Et 
    Les tristes poussières
    Les cendres illusoires
    Et les rues sans appels
    Ne seraient plus
    Les 
    Siennes!

    Elle n’aurait pas
    Chuté
    Du plus haut des plus hauts
    Désespoirs inentendus !

    Tu ne l’aurais suivie
    Aux souterrains des amertumes…

    Elle n’aurait pas créé
    Cette
    Béance
    En toi !

    Et tu n’aurais pas
    Peint
    Ces silhouettes
    Sans visages…

    Silhouettes en démesures
    Aux teintes tant estompées
    Qu’elles s’en 
    Evanouissent…

    Meurtrissures perdues
    Dans le noir des cratères !

    Et
    Le blanc
    Des glaciers
    N’aurait pas assiégé
    Nos vies !

    Aux rumeurs
    Scintillantes de mes rires
    Vous n’avez 
    Rien 
    D’indicible
    À dire!

    Si ce n’est un amour
    Que l’on oublie
    De dire !

    Dont vous me faites le don.

    Fière, je le porte!

    Et le don, également,
    Éphémère passant
    Du
    Vertige
    Du 
    Temps.

    Fière, je le porte!

    Tu n’aurais disparu
    Elle n’aurait disparu!

    Je n’aurais été
    Mise
    À l’ombre des douleurs
    Pour devenir gardienne
    D’un foyer
    Bien éteint.

    À l’abri des brasiers
    Des deuils qui consument
    Je ne serais exil
    N’en aurai pas
    Besoin.

  • Mon corps, Écoute-moi !
    Ce soir, tu te transformes.
    Mon corps, Écoute-moi!
    Tu te fais Paon-Du-Jour.
    Pour ne vivre qu’un jour,
    Dans ta robe de soie.

    Mon corps, Écoute !
    Le Paon-Du-Jour c’est l’ Éphémère !
    Le Paon-Du-Jour c’est le Rouge Absolu !
    Prends-en tous les atours.
    Incarne-le et vas-t’en!

    Mon corps, tu comptes les jours.
    C’est difficile !
     » Combien font 35 par 365?
    Et si l’on prend en compte
    Les années bissextiles ? »
    Débarrasse-toi de ces questions !
    Elles ne te servent pas !

    Mon corps, Écoute-moi !
    Le Paon-Du-Jour est Beau.
    Le Paon-Du-Jour est Multiple.
    Accompli la métamorphose.
    Tu seras Beau et Multiple
    À ton tour.

    Pose ton Front
    Contre le torse de l’homme que tu aimes.
    Puis ton Nez.
    Puis ta Bouche.

    Expire l’air de tes poumons.
    Tout l’air de tes poumons.
    Ton souffle y ouvrira une voix.
    Tu t’y engouffreras.
    Il sera ta matrice !
    Il sera ton cocon !

    Empli l’espace du corps aimé.
    Prends-en toutes les formes :
    Ce Dos épais qui porte la maison.
    Qui n’en frémit pas !
    Ces mains qui ébauchent des mondes.
    Des jours plus vastes que les jours !
    Et ce cerveau en odyssée !
    Ces mouvements qui savent bercer !
    Dont tu ressens le rythme.
    De l’intérieur.

    Tu n’auras plus besoin de ton propre dos.
    Tu n’auras plus besoin de tes propres mains.
    De ton propre Cœur ou de ton Ventre.
    Invisible et à l’Abri.
    Soulagé.

    L’émergence,
    C’est la naissance du Papillon. 
    Empreinte le chemin inverse !
    Puisque tel est ton Souhait.
    Oublie tes Hésitations !
    Puisque tel est ton Souhait.
    Ta place prise en lui,
    Le monde t’oubliera.
    N’en ressens pas de regrets !
    Le monde t’oubliera.
    Mais pas ce Corps,
    Que tu habites,
    Enfin.

  • Le décompte
    Dix, Neuf, Huit…Quatre, Trois!
    Mia, Angel, Angelina…
    Qui de nous effleurera 
    La feuille ou la plume
    Au seuil d’une fragilité ?


    Dix, Neuf, Sept…
    Cinq, Un!
    Si tes yeux exploraient les miens
    Et mes doigts tes cheveux
    Je garderai en moi
    Cette grâce discrète
    Et mon sourire ému
    Au seuil de liens secrets.


    Je nous appellerai Louves
    Renardes ou Sacha
    Aux seuils amoureux des forêts.


    Mais tu n’es qu’une larme
    Sur la peau de ma joue.


    Filant mes insomnies
    Au seuil d’une douleur éperdue.


    Dix, Neuf, Six…
    Deux, Zéro !
    La chute du décompte
    D’une infinité de morsures !
    Morsures d’un blanc linceul hurlant
    Au seuil de nos corps déracinés !
    Morsures d’une infortune
    Au seuil de mon coeur qui se tait
    De n’avoir déjoué le décompte
    Le temps de caresser
    Ton nom

    D’un au-revoir.
    Dix, Neuf, Huit…
    Quatre, Trois !
    L’amour comme feuilles en forêts…
    L’amour
    Ne se dénombre pas.
    Mia!
    Angel !
    Angelina !

  • Héméra n’était qu’un Vertige.
    Plus fort que la Sensation d’un Vertige.
    Vertigineux le Danger.
    Vertigineux le Manque.
    Vertigineuse la Perte.
    Vertigineuse la Douceur de la Joie.
    Vertige du Danger au Précipice de l’Enfant Né: 
    La fureur de survivre et le manque de souffle en scellèrent le Destin.
    Le Vertige prît Héméra dans ses bras.
    Elle le porta sur ses épaules.
    Et elle tangua à la Voltige.
    Entre Force de Vie et Lutte contre cette Vie qui la Dévorait.
    Pour et contre Vous.
    Pour et contre Elle-même.
    Pour et contre Tout.
    3 ans : Vertige de l’Attente et de l’Espoir.
    L’Enfance est un Espoir esseulé en tournoiement.
    3 ans : Héméra n’était pas vue.
    Et elle ne fut plus « Je ».
    Elle devint « Elle ».
    Celle qu’on ne nommait pas.
    9 ans: Vertige du Manque étourdissant.
    Épais comme Terre de Boue.
    Et de ce manque naquirent des Lettres.
    Lettres sans fins en Insomnies.Lettres infinies en Rêves Eveillés.
    9 ans: Dans un Éblouissement elle devînt Poétesse.
    Héméra ne le soupçonnait pas.15 ans: Vertige de la Faim.
    Faim de Vous et Écoeurement.
    Écœurement du Monde qui ne vous comprenait pas. 
    Du Monde qui ne la comprenait pas.
    Et la Faim était un Appel à l’Horizon Renversé.
    15 ans: Héméra et le Vertige-Ami devinrent Chair et Peau!Inséparables!
    21 ans: Vous n’Étiez Plus depuis un an.
    Vertige du Silence en Évanouissement. 
    Silence des Foulées en Cortège sur le pavé d’une Église:
    Le Ciel se Décomposat en Tremblements. 
    Silence depuis le Temps de l’Eglise: 
    Héméra ferma les portes du temps à Double Tour.
    Et le Vertige prît Corps,
    S’empara de son Corps.
    Il lui souffla ces mots:
    « Au Vertige du Vent tu seras son Drapeau ! »
    22 ans: Héméra disparût, 
    Emportant son Vertige-Ennemi.
    Je lui souhaitais de Tout mon Être
    La fin des Vertiges du Passé.
    Elle serait Nuage Doux aux Abords du Levant.
    Elle se laisserait Voir pour la première fois.
    Elle redeviendrait « Je »:Vertige de la Joie.
    Elle ne tanguerait plus en Tempêtes: 
    Votre Funambule au fil de la Vie,
    Notre Héméra.

  • Février ne s’Habitue
    À n’être plus Février
    À en Crever le Bitume
    D’Années en Années-Poussières.

    Février ne s’Habitue
    A voir Sourdre l’Amertume
    De l’Asphalte Gris-Endogène
    De la Cité-Sans-Hiver.

    Février ne s’Habitue
    Solitude Accent-Aigüe
    Au moderne Crépuscule
    Son Île Transperce les Rues.

    Elle y thésaurise Les Vies
    Des Rescapés d’aujourd’hui.

    Rescapés serrés dans l’Étau des Gratte-ciels
    L’Étau d’un Temps que nous ne prenons plus
    De l’Oubli des Rivières et de la Mer
    De l’Oubli du Vent
    Et de Nous.

    Février Était
    Tout ce que Nous avons Oublié.

    Février Existait
    Vibrait d’Exister.

    À Février, qui le souhaitait
    Pouvait Broder l’Instant
    Comme des Feuilles d’Arbres
    Explorer le Recommencement.

    Février ne s’Habitue
    À n’être plus Février
    À en Crever le Bitume
    D’Années en Années-Poussières.

    Février ne s’Habitue
    A voir Sourdre l’Amertume
    De l’Asphalte Gris-Endogène
    De la Cité-Sans-Hiver.

    Février ne s’Habitue
    Solitude Accent-Aigüe
    Au moderne Crépuscule
    Son Île Transperce les Rues.

    Elle y thésaurise Les Vies
    Des Rescapés d’aujourd’hui.

    Rescapés serrés dans l’Étau des Gratte-ciels
    L’Étau d’un Temps que nous ne prenons plus
    De l’Oubli des Rivières et de la Mer
    De l’Oubli du Vent
    Et de Nous.

    Février Était
    Tout ce que Nous avons Oublié.

    Février Existait
    Vibrait d’Exister.

    À Février, qui le souhaitait
    Pouvait Broder l’Instant
    Comme des Feuilles d’Arbres
    Explorer le Recommencement.

    Ou Inventer Une Vie.

    Février ne s’Habitue
    Sous son immense Globe de Verre
    L’île qui Transperce la Grand-Rue
    Scintille des Beautés Perdues.

    Scintille des Beautés Renoncées.

    Évaporées par Ceux

    Qui avaient Abdiqué.

    Ou Inventer Une Vie.

    Février ne s’Habitue
    Sous son immense Globe de Verre
    L’île qui Transperce la Grand-Rue
    Scintille des Beautés Perdues.

    Scintille des Beautés Renoncées.

    Évaporées par Ceux

    Qui avaient Abdiqué.