Il m’arrive de mettre du sel sur mes plaies
La salaison reste une étape pour sublimer les goûts
Brulure par le sel, la cicatrise sèche, le temps de laisser croûter
Cuisson lente pour le cuir véritable
Tu sais la fois où la couture était à vif
Il m’arrive d’assaisonner mes plaies
Le plaisir de plaire, le cuir épais
La saison d’hiver pour chercher le réconfort
Le gras et le chaud pour réchauffer un intérieur à température négative
Il m’arrive de faire tomber de l’encre sur ma peau
Le tatouage invisible à l’œil nu, l’invincible douleur
Marqué par le plomb juste sous la peau
Souvenir en croûte, pour ne pas y penser tous les jours
Tu sais la fois où la morsure seule, te calmait
Il m’arrive de me taire, la bouche exigeante
La parole n’existe plus, le temps de l’écoute
Pour comprendre l’autre, le temps, puis la chute
Nous ne sommes pas les seuls à avoir des plaies d’encre sur nos dermes salés.