La lumière de la lune jette un drap blanc sur mes épaules.
Son regard silencieux m’enveloppe.
Me propose un moment d’intériorité.
J’ose un instant me laisser porter
Dans le creux de ses bras.
Puis j’ai rendez-vous avec ma liberté
Dont je ne fais rien.
J’en jouis par l’inaction.
Le silence est bercé par le
Tic
Tac
De l’horloge.
Un nuage passe.
Dans la nuit sur mon visage, une pluie se fait jour.
Les gouttes font
Floc
Floc
J’ai plu.

/

J’ai tendrement froid.
*
Les ombres ne sont pas portées.
Elles sont soutenues.
*
Formes farfelues
Bruits ébouriffants
*
Ce monde ionégasque
Me cause parfois de l’effroi.
*
Heures grises.
*
Espace frêle.
*
Des mains en croix
Sur le rebord du lit.

/

Dernières traces d’absence intense.
Premiers rayons.

Sa rotation est complète en mon point.
Elle ignore qu’elle joint
Deux mondes en transition.

Silence de nuit
Laisse place à silence de matin.
Vies immobiles
À statures mouvantes.

Volutes de thé fumant
Remplacent brume de nuit.
Ombres bleues
Succèdent à obscurité fraîche.