Une façon de délier

Filer
tâtonner
dans brume
glisser  
long de la mousse
cailloux
genoux

entends 

les appels
battre
le sang
battre
traverser
ses laines
traverser
chaque idée
battre
chaque sensation
battre
chaque choix
battre
chaque choc
claquer
entre nos doigts
tisser nos vies
dénouer
étirer
chaque plein

accroche

le détachement
jouer à
lâche le jeu
donner du mou
à prendre
chaque moment
suspendu
traduire
laisser couler
sur soi
laisser aller
ses racines élastiques
électriques
flotter
s’amarrer
dans terre
à deux mains

on ne comprendra pas
mais on pourra toucher

lier faire défaire
tracer 
sentir
être traversé

Forcer, forger, prier

Plier genoux, le dos bien droit ;

les mains au sol, devant les pieds.

Et loin derrière, jeter les jambes : une planche compacte, dure comme du chêne.

Plier les coudes, toucher plexus.

Pousser la Terre, et ça remonte.

Les pieds reviennent, tout près des mains.

Retour surface, les poings aux hanches ; serrez les fesses, les omoplates.

Paris, Londres, Grenade, Amsterdam, Brest, Lisbonne, Exeter, Tbilissi, Istanbul, Bologne, San Francisco, Los Angeles, Ankara, bientôt Tokyo, Portland.

Sous la pluie, dans le soleil, la brume, l’ombre, la neige, des chambres, des couloirs, des cuisines ; contre du sable, ou du goudron, du carrelage, l’herbe d’un jardin, de la moquette ; au pied d’un volcan, avant l’aube, heureux, malade, triste.

Se forger

une ancre de mouvements.

Une prière.