La graine est nue.
Opaque.
Close.
Elle pèse peu.
Elle est plus que sèche.

Chaque graine paraît morte.
Matière inerte, sans même frémir.
Quantité de poids-plume qui pèse au sol.

Elles sont obscures.
Elles sont seules.
Elles sont patience.

Armure de terre brûlée.
Sans oxygène.
Sans sécrétion.

Ténèbres vides.

Puis la vie humide se pointe.
Elle explose la coque.
L’énergie concentrée éteinte s’échappe de la graine fendue.
Radicule, follicule, nervure.
Du grandissement Terre-Ciel.
Et ce simple pépin au centre.

Absorber. Libérer. Expanser.

Tout un champ dans cette graine.
Tout un tronc dans cette graine.

Même des sillons fatigués.
Même des zones ébréchées.
Même des déserts d’épines.

Sous ce fin tégument.
Dépouillé.
Tous les vergers.
Tous les géographes.
Toutes les botaniques.
Tous les plats du monde.
Toutes les herbes de feu.
Tous les chants d’oiseaux.
Tous les awalés.

De ce nœud tout sec.
De ce noyau de silence.
Réhydratation.

Et une croissance.
Un germe magnifique.
Et même toi.
Et nous.

Toujours,
même nos vies,
nos vies en sursie,
nos vies en suspens,
cachées sous l’épiderme,
attendent la saison des pluies.