Pourquoi m’excuser
D’être qui je suis ?
Me laisser tomber
Dans les méandres des bas-fonds
Et me cacher là
En attendant d’avoir les réponses
Que tu ne me donneras pas.


Se terrer, se taire, s’enterrer
Se soustraire, étouffer, recracher
L’immondice boue de tes révoltes
Turpitude vocifère
Quelques maux amers
Amarrés, éphémères vers solitaires.


Synoptique chemin de vie morcelé,
Parsemé de poussière et d’enfer,
Rester, prostrée, accusée,
De ne pas savoir t’aimer.


Mots clinquants sur ma peau
Comme les coups de mes bourreaux
Se laisser sombrer dans l’abysse du néant
Et glisser, couler, s’insinuer, condamnée,
Sous terre.


S’étouffer de tes maux, jetés en pâture,
Sur mon corps frêle détruit, brisé, écrasé,
Et dans un silence tonitruant disparaître.


Tuer, renaître,
Libérée.

Savoir

Brûlée. Marquée au plus vif de la chair.
Précisément là où l’on ne sait plus à quoi tenir. Mais tenir bon. Mais persister. Mais dénombrer une à une les heures. Démembrer le temps, ses tenailles, ses tiraillements.


Savoir tracer ses propres lignes, savoir traverser les voies sans vérifier leur horizontalité, sans hésiter et se
laisser glisser sur le chemin.
Savoir se perdre en route sans prendre la mesure précise de l’écart qui nous éloigne.


Savoir percer à jour les écrans de pleine nuit, savoir les ouvrir en deux dans le sens du coeur ou celui du vent, c’est du pareil au même.
Savoir se laisser porter loin, au delà des limites, au delà des fortunes et des infortunes, au delà des frontières imposées.


Savoir avouer à tel, savoir ouvrir la bouche et lui dire ce qui n’a pas été dit, savoir faire fi des pudeurs qui
emprisonnent.
Savoir vouloir peut-être encore. Tout et son contraire. L’impossible et l’irréel. Le plein et le vide.
Savoir attendre l’inattendu, savoir le reconnaître à son visage incertain, à son regard éperdu.


Savoir plier sans rompre tout à fait, savoir se coucher dans ses propres béances, savoir choisir ses ailleurs.
Savoir délier ses propres vérités.
Savoir bercer les émotions comme on les enfante.
Savoir pleurer, hurler, jusqu’à ce que. Si loin. Sans se retourner. Avant, bien avant. Et surtout sans regret.