J’ai posé ma tête contre sa poitrine et entendu la mémoire du cœur où le souvenir de nous palpitait encore.
Caresser l’air que tu expires, m’inspirer d’un peu de toi, m’asphyxier de bribes de tes rêves
J’enferme dans cette boite la fleur que tu as regardée et j’emporte au monde ton regard au printemps
Ma langue lèche tes larmes de bas en haut et je remonte aux origines de ta tristesse
Avec mon index scroller la mer jusqu’aux abysses des temps
Sur le sable, mes pas s’enfoncent dans ceux d’une inconnue, je l’entends être je deviens elle
As-tu déjà giflé un nuage pour voir le soleil ?
En colère je marche, mes pieds sont tolérants, ils me supportent.
Mon œil droit dit à mon œil gauche mais ça ne me regarde pas
Sous mes pas, les vieux os du parquet craquent
Tourner les potards à fond et laisser le larsen remplir le chaos
Je zappe sur les chaines d’infos où un sperme porté disparu tourne en boucle
J’ouvre mon cœur avec cette plume
Je marche en moi sur des veines noires
Je dessine un arc en ciel et une flèche pour tuer le soleil. Je suis un assassin d’ombres
Dans cette maison je suis entré, j’ai senti l’odeur du temps
Je voudrais léviter sur ce chemin au lieu d’écraser des familles entières
Les rochers qui prennent la forme que je dessine sur le vent
Un bar. Sur les murs des toilettes j’écris le nom d’une femme que je ne connais pas encore
Je t’écris cette phrase que je ne finirais jamais
Tu me griffes et je rougis. Ma peau est-elle timide ?
J’arrose la mer morte pour qu’il pousse des poissons
Hier au Louvre tu as tiré au 357 magnum sur la Joconde et ses yeux se sont fermées
Dans la maison de la vieille dame morte, j’ai retrouvé cassé par terre son chat en porcelaine. Suicidé. Je l’ai enterré au fond du jardin.
Toujours connaître un visage les yeux fermés
J’ai léché ta lettre pour gouter tes maux.
Enfoncer mes yeux loin derrière mes orbites et voir l’usurpateur qui se cache dans les recoins oubliés de mon cerveau
Mon sang passe par mon cœur mais l’analyse ne dit rien des ténèbres
J’évite de remplacer les vieux joints de la fenêtre. Ils laissent passer du dehors un peu de réalité
On devrait accrocher un fil aux pieds de chaque nouveau-né et voir à notre mort le chemin parcouru
Je lève mon briquet et allume une étoile filante au-dessus de notre histoire
Je me suis quitté et mon miroir a pleuré
Chaque matin au réveil, je t’habille avec des mots nus