Femme tout couleur

1.
Elle s’engouffre dans la faille de la douleur
Extrapole les bleus
Sur une toile brun creux
Fait un clin d’œil à la vie photo-ciné mascotte
Le rouge l’entoure d’ombre
Elle change de décor
Elle veut des cheveux bleu klein d’yves
Sous les clématites
Le soleil
D’un sourire l’illumine

2.
Entre la danse et le théâtre : Lili vit
Entre la vie et la mort : Lili va au bal des hommes grenouilles
Entre l’homme et le stop : Lili crie
Avant le cri : Lili chute
Libre
Vers un ailleurs qui respire
Dans l’empreinte du creu du vide
De l’autre à venir…

3.
Elle veut des cheveux rouges
Un fume cigarette
Un chapeau à plume verte
Et une coupe de champagne…
Elle est popu
L’air 1930
Matahari des pauvres
Actrice des associaux…
Elle clin d’œil
Vie cerise
Soleil citron, lune vanille
Femme porteuse d’histoire
Femme de l’arche du bout de la nuit
Femme qui se décline au pluriel
Femme tout couleur.

4.
Fin de partie
Mari ligne chez les Vampires
Politique, sexe, cinéma… mafia
Femme partie.

5.
A présent elle bécote sur un banc
Change de masque
Comme le temps
Vole
A cent ans, vingt ans, dix ans
Au gré du vent…

6.
Elle veut
Face à lui
Un reflet de soleil dans un nuage d’amant
Un sourire éternel
Qui fauche l’ennui.

7.
Elle sait que les poissons meurent
Le barrage défait
D’overdose de mots
Nuit et jour
L’âne brait
Attaché au piquet
Les sabots trop longs
De ne pas courir à son gré
L’étoile de mer
Cherche le …
Fragile équilibre
D’un 4 trop concret
Au râgout d’un 3 abscons
Le dauphin fuit la route
Il cherche le refuge
Au silence d’une image d’Elle

Enfance
Là, devant mes yeux, le parfum jaune des genêts. Il m’asperge d’enfance
capiteuse.

Tes pas
Les gravillons sous mes pas, leur craquement délicat me ramène aux tiens. Un jour
de mars. Un moment à nous avec les mots, et l’oiseau, et les couleurs et la
clochette tintinnabulant au vent. Et toi.

Les fraises du jardin
Jouer au merle dans les allées du jardin. Dénicher les délicieuses perles rouges sous
le feuillage, les admirer, s’imprégner de leurs arômes, puis lentement savourer un
goût de soleil éclatant sous les papilles.

La voix
Le pêcheur me dit bonjour. Un seul mot. Et, soudain, cette voix m’enveloppe
comme une courte-pointe de soie et d’alpaga. Sa douceur caresse ma balade
solitaire. Son intensité réchauffe mon corps et mon âme sur ce long sentier d’hiver.
Son timbre résonne encore en moi.

Séquences ciel

Au bord du chemin roule quelque chose qui ressemble à une pierre.
Elle pourrait s’envoler si on soufflait dessus. Alors je souffle dessus.
Le vent m’aide dans mon entreprise.
Rafale ou saccade, la chamade du cœur de la pierre, à brides rabattues. Blanc, le ciel bat son unisson.

Regarder le mont gardien de ses neiges jadis. Leur fonte en rigoles, en rivières. Une berceuse à tremper entre deux rochers avant l’heure de la sieste. S’approcher des cimes, troisième à gauche derrière l’écran total des sapins. Ici, étang à poissons, ciel à rapaces, le pressentiment d’un orage à venir dans la zèbrure du jour.

C’était au bord du lac, bientôt la nuit, bientôt le soleil fondu au fond. Gesticulent les lézards, leur dernier soubresaut. Tout se cache, chassé par l’unique coup de balai de l’obscurité. La poussière sous le tapis d’herbes.