Je suis spectrale dans la ville. Je crois que je ne suis pas une identité remarquable. Les cieux du Truman show ne sont pas réels. Le bruit des cours d’école est celui que je préfère. Je ne sais pas si ces enfants font partie du jeu.
Il existe des rues où je ne rencontre personne et il y a les autres.
Il y a les rues peuplées d’individus qui ne détournent pas le regard. Il y a ces rues où des individus semblent me voir. Ces rues où sont interdits les fantômes. Ces rues me font du bien ou du moins ces regards de ces individus dans ces rues me font exister et me font du bien ou du moins pas trop de mal. La plupart du temps je peine à exister parce que toutes ces voix dans ma tête, toutes ces voix, là, dans ma tête, m’empêchent d’être dans mon corps et quand la matière de la matière de la matière reste inchangée et spectrale elle aussi, vos yeux sont un remède à mon exode. Exister, se tenir en dehors de soi en survivant précaire devient doux et même si je doute des nuages des écorces scellées aux mornes vagues, vos iris de cristal me donnent parfois la force de participer au carnaval de façon courtoise ; pour cela je vous dis merci.