Nous irions promener nos corps contenus et nos visages relâchés – les dents découvertes.

Nous ririons en ramassant des pins, dans la forêt rapace, au bord du ciel. Nous irions lécher la sève des arbres, cueillir le jasmin de nuit qui diffuserait son parfum en plein jour. Nous tâcherions d’être gais et limpides et nous rangerions nos tristesses rabougries au coin d’une rue sauvage.
Les volets sont ouverts comme mon coeur l’est à chacun de tes mots.
Nous grattons une allumette, l’odeur de brûlé s’empare de nos poumons et nous reniflons nos ambivalences au milieu d’un cri d’enfant doux et dense à la fois – étreinte océanique.
Le ciel nous prie de nous étendre et d’accueillir les sentiments disponibles, sans frais.
Nous dessinerions des chemins à la craie sur le sol tonique des routes sans mères.
Nous déciderions d’emprunter une voie ou une autre, le rein prêt à rebondir face aux brisures des âmes juxtaposées.
Nous ne nous accrocherions ni au convenable, ni à l’amertume, le coeur tout dehors, nous nous ferions du bien en caressant le juste et le tendre.