Je range mon chant à l’aube,
Et l’ombre de ma dépression.
Je voulais ranger l’hiver mais
Il s’accroche, là, dans le jaune
Du pollen des branches de mimosa.
Je range ta chambre, tes dessins roses,
Et le souvenir immobile de mon baptême.
Je serre fort la ceinture de mon jean
Comme pour ranger l’envie de fabriquer
Un nouvel enfant, de nouveaux tissus.
Je range ma peur, cramoisie, de croiser
Un homme sur les 2 millions d’habitants
Que compte la ville, en même temps que
Je range les couverts bouillants dans le tiroir,
Avant de me ranger dans le lit, comme un objet.
Et je te regarde bouger ta dent de lait, blanche, si blanche, comme les plumes des pies, comme les plumes d’oies, pensant aux pics et aux crêtes des montagnes sans neige
Vertes et grises.