Il n’est pas de poisson

Il n’est pas de poisson
Qui aime à buller
Dans les prés du printemps

Il n’est pas de poisson
Déployant ses branchies
Au doux air de l’été

Il n’est pas de poisson
Détestant frétiller
Au fil de l’onde fraîche

Il n’est pas de poisson
Evitant les courants
Pour se laisser porter

Il n’est pas de poisson
Repliant ses nageoires
Au plus fort de la vague

Il n’est pas de poisson
Qui du fieffé pêcheur
Ne flaire les appâts

Il n’est pas de poisson
S’accrochant à l’hameçon
Après mûre réflexion

Il n’est pas de poisson
Ne désirant nager
Dans le filet des mots

Il n’est pas de poisson
Filant entre le lignes
D’un carnet poétique

Il n’est pas de poisson
Qui ne soit attiré
Par l’encre du poète

Je ne vois plus le soleil
L’autre est nocturne
L’âme taciturne

Je ne vois plus le soleil
Imperceptible grisaille
Brume ma flamme

Je ne vois plus le soleil
L’espoir inattendu
La lueur d’un printemps

Je ne vois plus le soleil
Le temps qui passe
Le bleu du ciel

Je ne vois plus le soleil
Les oiseaux virevoltants
Le souffle du vent

Je ne vois plus le soleil
L’appétence de vie
L’immensité des nuits

Je ne vois plus le soleil
Le fruit rouge d’amour
L’aube qui s’éveille

Je ne vois plus le soleil
La force silencieuse
La clarté de ce monde

Je ne vois plus le soleil
La constellation des étoiles
Le chemin de nos pas

Où, la vie ?

Où est-elle la vie
qui surgit à l’improviste
derrière toutes nos portes

Où est-elle la vie
qui sème ses graines
de désir et de force

Où est elle la vie
qui ouvre en grand
les barrières des chemins

Où est-elle la vie
qui nous aspire
et nous serre dans ses bras

Où est-elle la vie
qui nous promet
tant de ciels

Où est-elle la vie
qui nous renverse
et nous secoue

Où est-elle la vie
qui nous aspire
dans son tourbillon

Où est-elle la vie
qui a quitté ma peau
qui déserte mon corps

Où est-elle la vie
qui dit quand
elle reviendra