C’est une pensée ou pas — mais c’est bien là :
le pas savoir agit, en douce, subrepticement, aux yeux de tous.
Comme une tête chercheuse il cherche. Il sent, flaire la bonne découverte.

Il suppose, il s’immisce, il relie.
Il découvre de la nouveauté, ouvre de nouvelles pistes.

Comme une boussole qui s’affole, tant les directions sont infinies,
comme un radar il scrute largement… jusqu’aux confins de l’univers…
ça bip bip bip…

Le pas savoir remue sous la peau.
Il gratte derrière les yeux, tire les pensées par la manche,
pousse aux portes qui n’existent pas encore.
Il fouille dans les tiroirs du crâne, soulève la poussière des idées,
se glisse sous les paupières et appuie, là, juste là.

Il croit savoir et jubile.
Il s’excite car de l’infiniment petit à l’infiniment grand
il pousse ses recherches, dépasse ses limites.
Il saute d’une cellule à une galaxie en un seul clignement.
À jamais inassouvi, il poursuit sa course folle,
sa survie pour savoir.

Savoir pour savoir —
car on ne sait jamais.

Savoir-être, Savoir-faire,
Savoir-penser, Savoir-vivre,
Savoir-transmettre, Savoir-mourir.

Et ça repart. Encore.
Le pas savoir agit et s’agite.
Il tournicote, crépite,
comme un insecte contre la lumière du mystère.

L’infini le nargue.
Il court après, langue dehors,
sans jamais le toucher vraiment.

Et pourtant…
quelque part, au bord du vide,
dans un repli du monde ou du thorax,

Ici, ça ne sait pas.
Et ça repose — doucement.
En paix.