Parade sous la vie

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Le grillage du jardin fait le tour de ta vie
Faite de fleurs odorantes,
______________de couleurs alléchantes
Qui résonnent au monde comme autant de pensées,
Inversées,
____________________soupesées, épuisées.
Il y a tant de beauté à vivre dans l’ennui.
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Le bon mot.
Celui qui ouvre le monde d’un seul regard
Celui qui respire le souvenir
Celui qui fait grandir
__________________________Et qui…Et qui ?

…Le poète est en retard.

*

On reconnaît les gens qu’on aime aux petites tâches qu’ils ont dans les
yeux.
Comme si de la poussière de pluie s’y était glissée.
Et, mélangée au soleil, pailletait les iris, d’un message qui diffère, selon si
l’on aime ou si l’on aimait.

*

Il criait dans l’immensité vide du champ de coton, au milieu des quelques
fleurs que le vent faisait danser.
________« Marguerite », appela-t-il.
Mais non, ce n’étaient que des pensées.
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« Tu me manques ».
Elle avait prononcé ces mots avec dans la voix la peur de l’éternité.
Comme si le fait de le dire, de l’avouer, de le penser même, aurait pour
conséquences de figer ce sentiment.

« Tu me manques », il ne reviendra plus.

« Tu me manques », il ne sera plus là.

« Tu me manques », elle mit sa main devant la bouche.
Elle le voyait danser, devant elle, et ce n’était qu’une preuve de plus,
______________que tout cela n’existait plus.

Beaucoup question de cristal cette semaine. Il fallait que je retrouve.
C’était dans quel Breton déjà ? Je n’aurais pas dit. L’Amour fou. Pourtant
Brassaï dedans, les cubes de sel gemme.

*

Et après rien avoir. Vigny, son diamant pur. Le cristal.

*

Crevée de chaud j’espère que des glaçons me tombent sur le sommet
du crâne quand j’ouvrirai la porte du congélateur. Manger boire un du
sorbet. Je ne sais plus.

*

Apercevoir les titres.
Pourquoi les hommes ne fondent-ils pas pendant les épisodes
de fortes chaleur et leur violence. Pourquoi tout ne s’écoule pas d’eux
Quelle réaction physique chimique ? je ne sais pas, les solidifie
encore plus sans les rendre forts. Sans rien cristalliser.
Et mettre la tête dans le solidaire non.

Mes fleurs en papier s’épanouissent 
Elles prennent toute la place 
Elles attendent le grand jour
*
Les fleurs du jardin sont rose fluo
Et les rares roses d’un rouge lumineux 
La pelouse est verte 
Mes rêves et mes regrets y courent dans l’ombre 
*
Il y a des affaires mal rangées dans l’appartement déjà trop petit pour nous deux
pour nos espoirs et nos ambitions
Nous sommes matérialistes 
Parce que nous plaçons trop d’espoir dans les objets 
Comme des pièces de puzzles pour compléter un vide intérieur 
*
Il faudrait plus de murs pour nos tableaux et nos fresques et les sculptures que nous ne possédons pas

Pour l’instant les baies vitrées et le canapé que tu n’aimes pas restent là 
Et j’arrive certains matins à trouver une chambre à moi pour écrire
*
Tu as peur de tomber de ton piedestal
Mais ça ne risque pas d’arriver 
J’en fabrique régulièrement 

Tu dors dans notre chambre et j’écris que j’ai envie de venir prendre ta main
*
Cette nuit tu as embrassé mon tibia, j’en suis presque sure
C’était bon de se sentir adulée
*
Comment nous confectionner des cérémonies où tu ne t’absenterais pas 
Pour rejoindre le gouffre des angoisses
*
Je cherche des vêtements qui te fassent oublier tes vieux fantômes, 
Il faut que je prenne garde à ne pas me couvrir d’un drap blanc
*
J’aime mieux l’appartement quand j’y tisse des textes 
*
J’habiterai là où tu m’emmèneras 

Ma seule façon d’être indépendante c’est avec toi 
*
J’ai peur des autres filles et je suis possessive 
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Je voudrais que nous nous passions de la science
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Je ne sais pas si notre amour est conjoncturel ou structurel 

J’aime quand nous jouons aux devinettes

Je ne saurais pas écrire tes rêves 

Pourtant je connais bien les histoires que tu te racontes, tes petits contes de fées
*
Je t’ai choisi car nous rions des mêmes choses 
*
Et parfois non et c’est très bien ainsi 

Nous sommes deux narcisses qui ont fleuri dans Paris avec des pétales vaniteux
*
Je t’entends soupirer dans la chambre et je me demande comment rendre ton réveil le plus joli possible 
*
Je me demande si toi aussi, tu prends parfois le temps de créer et si tu me comprends

J’espère