Si j’étais l’enfant je sauterais
J’éprouverais mon sang, léger je retiendrais le fil
Je le mangerais
Si j’étais luciole je pourrirais le monde de lumière d’oiseaux de bruissements et je
caquèterais
Si j’étais Montréal, je me tairais
Dans l’épaisseur de la neige
J’ôterais chaque pierre
Si j’étais l’aloe là-bas qui ne pousse pas je verrais
Je verre-rais

Si j’étais le vent, je cueillerais les parfums de la terre,
le cantique des oiseaux, le bruit d’écume de la mer
à l’approche de tes pas.

Si j’étais un nuage, je voguerais la nuit jusqu’aux étoiles
pour les poser en pluie dans le jardin, dans le murmure de l’aube
et sur tes rêves.

Si j’étais herbe haute, je frémirais au vent léger qui court les champs
et j’ouvrirais le bal avec les coquelicots, le bleu du ciel
Et la fougère de tes yeux.

Si j’étais un arbre, je vibrerais dans la lumière de tes mains
jusqu’aux racines, au feuillage berçant les premiers fruits
et la sève de mon corps.

Si j’étais une rivière, j’irais de pierre en pierre
traverser tes désirs jusqu’à la transparence
pour abreuver ta soif.

Si j’étais ce poème, j’écouterais ton souffle
tes longs regards et ton silence
qui débordent mes mots.