Quand t’es là
Je reste tapie dans l’ombre pour mieux écouter tes pas dans les escaliers
Je me nourris de ton odeur
Je suis idiote
Quand t’es pas là
Je pense à toi
J’observe tes restes
Je me sens seule
Les dimanches ne sont que des dimanches
Alors que quand t’es là ils sont recouverts d’organza
Et ne me filent presque plus le cafard
Quand t’es là je prends mon temps
Pour m’habiller
Me déshabiller
Déjeuner
Sécher au soleil
Laisser l’eau chaude couler sur mon dos
Faire glisser sur mon corps toutes sortes d’onguents
Quand t’es là je ne fais pas ce que je dois faire
Quand t’es pas là mon lit est un amas de draps tâchés et froissés
Mais quand t’es là il est un champ de lavande
Quand t’es pas là j’ai rien à foutre
Tandis que quand t’es là, rien foutre est la plus exquise des activités
Quand t’es pas là j’ai le souffle coupé
Et la peur de te perdre
Quand t’es là je suis bruyante
Quand t’es pas là je suis poilue
Quand t’es là je ne le suis plus
Quand t’es pas là je t’imagine bouquiner sur la plage
J’imagine ta peau rougie par le soleil
Et ta déception de ne pas être aussi bronzé que moi
Quand t’es pas là
Je lis entre tes lignes
Et je crains de t’avoir déçue
Quand t’es là je mange des glaces aux heures interdites
Quand t’es pas là je pense des pensées inédites
Quand t’es là je me rince l’œil
Je n’ai plus peur de conduire
Et l’élan me prend de faire rôtir un poulet entier un jour de semaine
Quand t’es pas là j’essaie tant bien que mal de me convaincre que je n’ai pas besoin de toi
Mais ton absence me transperce l’estomac et je donnerais tout pour t’entendre respirer sur la
Riviera
Quand t’es là
Mon corps est animé et vivant
Quand t’es pas là il t’attend
Il est presque nature morte
Est-ce bien raisonnable ?