Si l’aube est douce

Comme si les lèvres riaient
Les dents avalent
La gorge déployée
Et le son
Qui remonte en dedans
Le soleil
Explose dans les rires

Comme si le monde
Montait le volume
Comme si la nuit
Ne voulait pas se taire
Pour qu’existent les étoiles
Inventer la musique

Comme si la musique
Avait enfanté du jour
Et la nuit
Parrainé la naissance
De l’aube
Où tout se fait tumulte
Excitation des sens

Comme si je voulais dormir
Les yeux restent ouverts
Ils tournent dans le vide
S’accrochent au néant
Je les ferme sur nous
Sur la tendresse

Comme si tout cela
N’avait pas d’importance
La légèreté
Des mœurs et l’ivresse
Comme si peut-être
La liberté se cachait
Dans le pli du coude
Quand les lèvres s’y posent
Et rient
Pour faire naître le jour

Négations

Je préfèrerais ne pas
Avoir à m’excuser
Pour vivre un peu trop fort
Le monde trop grand pour moi
Ne pas cacher mes failles
Ne pas les exposer
Au grand jour et
Dans mes addictions
Ne pas rompre les serments
Passés avec moi-même
Ne pas recommencer
Le lendemain matin
Je préfèrerais ne pas
Avoir besoin de plaire
Connaître le pouvoir
Ne pas l’utiliser
Ne pas déborder
De ce cœur trop plein
Trop grand
Pour moi
Ne pas faire peser sans cesse
Ma culpabilité
Sur les autres
Qui s’aventurent à m’aimer
Je préfèrerais ne pas
Aimer l’odeur du sexe
La présence étrangère
Sur mes draps souillés
Ne pas avoir à trahir
Par ma légèreté
Ne pas avoir à dire
Je suis une planche pourrie
Recouverte d’un vernis
Que j’ai nommé poème
Je préfèrerais ne pas
Avoir à demander
La permission ou
Le pardon
Pour le cœur qui déborde
Les questions dans ma tête
Ou pour les draps souillés
Ne pas demander qui suis-je
A chaque seconde
Peut-on jamais le savoir
Je préfèrerais savoir
Et seulement exister
Repeindre les blessures
D’un peu d’humilité
Les forcer à partir
Lorsqu’ils pensent mériter
Un peu mieux que tout ça
De l’ordre dans le chaos
Ou leur demander de m’aimer
Sans doute pour ce que je suis
Un poème abîmé
Qui attend qu’on le lise.

Comme si la fenêtre du train faisait défiler devant moi les paysages de ma vie.


Comme si dans son lent démarrage, j’entendais les pas de mon grand-père arpentant son jardin et ses plantes potagères, chaussé de sabots de bois.

Comme si à la première halte, je descendais fêter à nouveau mes dix ans, au mois de mai, sur le quai tout le printemps, si près de ma maman.

Comme si, par la fenêtre, ouverte maintenant, le parfum des tilleuls chatouillait mes narines, odeur des grandes vacances, sur la cour de l’école envolées enfantines.

Comme si à pleine vitesse, d’un coup je repartais, et que me parvenaient le bruit de l’insouciance, de la jeunesse mes rêves, vécus tambour battant, par delà les frontières, leurs langues et leurs accents.

Comme si, au coup de sifflet donné là sur le quai, soudain je me réveillais des décennies après, un sursaut un peu sec, sillons sur mon visage, quelques fils blancs avec.

Comme si, par cette fenêtre, se dressaient à présent de nouveaux paysages, sans repères aucuns, je sentais l’inconnu, l’étranger, l’incertain.

Comme si elle me conviait, avant le terminus, à poursuivre ce voyage, à voir et à
humer, à prendre et à goûter les paysages ma vie.

Enfance
Là, devant mes yeux, le parfum jaune des genêts. Il m’asperge d’enfance
capiteuse.

Tes pas
Les gravillons sous mes pas, leur craquement délicat me ramène aux tiens. Un jour
de mars. Un moment à nous avec les mots, et l’oiseau, et les couleurs et la
clochette tintinnabulant au vent. Et toi.

Les fraises du jardin
Jouer au merle dans les allées du jardin. Dénicher les délicieuses perles rouges sous
le feuillage, les admirer, s’imprégner de leurs arômes, puis lentement savourer un
goût de soleil éclatant sous les papilles.

La voix
Le pêcheur me dit bonjour. Un seul mot. Et, soudain, cette voix m’enveloppe
comme une courte-pointe de soie et d’alpaga. Sa douceur caresse ma balade
solitaire. Son intensité réchauffe mon corps et mon âme sur ce long sentier d’hiver.
Son timbre résonne encore en moi.

Pourquoi m’excuser
D’être qui je suis ?
Me laisser tomber
Dans les méandres des bas-fonds
Et me cacher là
En attendant d’avoir les réponses
Que tu ne me donneras pas.


Se terrer, se taire, s’enterrer
Se soustraire, étouffer, recracher
L’immondice boue de tes révoltes
Turpitude vocifère
Quelques maux amers
Amarrés, éphémères vers solitaires.


Synoptique chemin de vie morcelé,
Parsemé de poussière et d’enfer,
Rester, prostrée, accusée,
De ne pas savoir t’aimer.


Mots clinquants sur ma peau
Comme les coups de mes bourreaux
Se laisser sombrer dans l’abysse du néant
Et glisser, couler, s’insinuer, condamnée,
Sous terre.


S’étouffer de tes maux, jetés en pâture,
Sur mon corps frêle détruit, brisé, écrasé,
Et dans un silence tonitruant disparaître.


Tuer, renaître,
Libérée.

Femme tout couleur

1.
Elle s’engouffre dans la faille de la douleur
Extrapole les bleus
Sur une toile brun creux
Fait un clin d’œil à la vie photo-ciné mascotte
Le rouge l’entoure d’ombre
Elle change de décor
Elle veut des cheveux bleu klein d’yves
Sous les clématites
Le soleil
D’un sourire l’illumine

2.
Entre la danse et le théâtre : Lili vit
Entre la vie et la mort : Lili va au bal des hommes grenouilles
Entre l’homme et le stop : Lili crie
Avant le cri : Lili chute
Libre
Vers un ailleurs qui respire
Dans l’empreinte du creu du vide
De l’autre à venir…

3.
Elle veut des cheveux rouges
Un fume cigarette
Un chapeau à plume verte
Et une coupe de champagne…
Elle est popu
L’air 1930
Matahari des pauvres
Actrice des associaux…
Elle clin d’œil
Vie cerise
Soleil citron, lune vanille
Femme porteuse d’histoire
Femme de l’arche du bout de la nuit
Femme qui se décline au pluriel
Femme tout couleur.

4.
Fin de partie
Mari ligne chez les Vampires
Politique, sexe, cinéma… mafia
Femme partie.

5.
A présent elle bécote sur un banc
Change de masque
Comme le temps
Vole
A cent ans, vingt ans, dix ans
Au gré du vent…

6.
Elle veut
Face à lui
Un reflet de soleil dans un nuage d’amant
Un sourire éternel
Qui fauche l’ennui.

7.
Elle sait que les poissons meurent
Le barrage défait
D’overdose de mots
Nuit et jour
L’âne brait
Attaché au piquet
Les sabots trop longs
De ne pas courir à son gré
L’étoile de mer
Cherche le …
Fragile équilibre
D’un 4 trop concret
Au râgout d’un 3 abscons
Le dauphin fuit la route
Il cherche le refuge
Au silence d’une image d’Elle

Comme si tout n’était qu’un leurre

Comme si nos paysages n’étaient que projection de mes pensées
Comme si ton parfum s’évaporait en particules de poussière
Comme si un brouillard opaque assombrissait la matière
Comme si ta présence imperceptible flottait encore dans l’air

Comme si ce « nous » n’avait pas existé
Comme si nos soupirs s’évanouissaient dans la nuit
Comme si tout s’échappait d’entre mes doigts
Comme si un souffle de vent avait tout emporté

Comme si ta respiration
Comme si ta peau
Comme si ton corps
Comme si tes mots

Comme si au réveil tout disparaissait
Comme si tout ceci n’était qu’un rêve
Comme si l’écrire sur le papier te rendait plus réel
Comme si tu n’étais qu’un fantôme
Comme si hanter mes nuits était ta vérité.

La ronde des amants

Été : « Et les mots échangés, doux, tendres et forts prennent forme sous leurs doigts, comme une caresse sans promesse de vivre le présent comme le dernier instant sans conjuguer le temps »

Enigmatique et légère, elle insuffle l’oxygène à ton air.
Réveil sur ce corps, presque mort, trop longtemps endormi des
habitudes de vie.
Entre ses bras et dans tes draps, tu la regardes dormir. Souffle de vie.
Quelques larmes mouillent tes yeux candides. Départ.

Désir

Automne : « Ma bulle d’oxygène, ma douce folie, mon phare au loin, mon énergie, cette goutte d’absinthe qui met de l’ivresse à ma vie, tu guides mes pas dans la clarté du jour, et allume mes nuits d’insomnie d’audacieuses envies »


Les feuilles folles et colorées s’envolent comme les promesses d’été, le
roux de ses cheveux, la douceur de sa peau, les lumières de ses yeux
illuminent tes nuits d’un tout nouvel éclat, elle éclaire ta vie. Chaque
jour, chaque nuit, tu la respires, tu l’espères. Attente.

Amour

Hiver : « Mon cœur sonne creux dans le vide de mes draps, immensité de l’océan sombre et froid qui me glace les os et le sang quand sonne le glas »


Le vent a emporté le rouge de ses baisers, la neige a recouvert le feu de
la passion, le froid a glacé tes pensées. Le noir a enseveli les couleurs
de l’été et de l’automne. La fée s’est froissée, ses ailes sont cassées. La
jalousie te ronge. Enfermée dans son écosphère, elle est déjà loin, tu la
perds. Solitude.

Silence

Printemps : « Et je m’en vais, cheveux au vent, les paysages se succèdent à l’horizon, tout défile alors que tout fout le camp dans l’air du temps »

Et nait, une nouvelle fleur, arrosée par tes pleurs, qui éclot à la chaleur
du soleil et réchauffe ta peine. La fée s’est envolée en emportant tes
rêves et ton amour papier. Eclaircie d’un espoir, la douceur d’une saison,
l’éphémère sensation d’être toujours vivant. Revivre.

Renaissance

Femme tout couleur

1.
Elle s’engouffre dans la faille de la douleur
Extrapole les bleus
Sur une toile brun creux
Fait un clin d’œil à la vie photo-ciné mascotte
Le rouge l’entoure d’ombre
Elle change de décor
Elle veut des cheveux bleu klein d’yves
Sous les clématites
Le soleil
D’un sourire l’illumine

2.
Entre la danse et le théâtre : Lili vit
Entre la vie et la mort : Lili va au bal des hommes grenouilles
Entre l’homme et le stop : Lili crie
Avant le cri : Lili chute
Libre
Vers un ailleurs qui respire
Dans l’empreinte du creu du vide
De l’autre à venir…

3.
Elle veut des cheveux rouges
Un fume cigarette
Un chapeau à plume verte
Et une coupe de champagne…
Elle est popu
L’air 1930
Matahari des pauvres
Actrice des associaux…
Elle clin d’œil
Vie cerise
Soleil citron, lune vanille
Femme porteuse d’histoire
Femme de l’arche du bout de la nuit
Femme qui se décline au pluriel
Femme tout couleur.

4.
Fin de partie
Mari ligne chez les Vampires
Politique, sexe, cinéma… mafia
Femme partie

5.
A présent elle bécote sur un banc
Change de masque
Comme le temps
Vole
A cent ans, vingt ans, dix ans
Au gré du vent…

6.
Elle veut
Face à lui
Un reflet de soleil dans un nuage d’amant
Un sourire éternel
Qui fauche l’ennui

7.
Elle sait que les poissons meurent
Le barrage défait
D’overdose de mots
Nuit et jour
L’âne brait
Attaché au piquet
Les sabots trop longs
De ne pas courir à son gré
L’étoile de mer
Cherche le …
Fragile équilibre
D’un 4 trop concret
Au râgout d’un 3 abscons
Le dauphin fuit la route
Il cherche le refuge
Au silence d’une image d’Elle

Pardon aux parkings payants

Ayez pitié des parcmètres pleins de blasphèmes
que je ne peux jeter dans les flammes

Soyez amour
à celles et ceux qui sans le sou
sont condamné.es à payer toujours !
Soyez lumière
même pour un banquier même pour un président !

Par la passe du Vent
sous un ciel désolé de nos repos trop courts
tremble de bénir les plaisirs éphémères
je posséderai la solitude des statues sinon la tendresse de tes mains

Contre la chair du silence
dans un bain de calme
bien qu’affligée par la lente agitation du P.V
apprends-moi à palpiter
avec l’appétence du pigeon
sur de menus stationnements
où l’ataraxie des poteaux électriques
semblent s’accommoder de tout

trouve-moi une place
près du trottoir des quiétudes
qu’importe l’ombreuse errance
apprends-moi à moudre le silence
dans ma langue de chasseresse
pour que d’épouvantables égouts
aux pieds de mes roues de fortunes
parlent un langage de géranium