Je suis des chants
des mélodies grattées
Des sons.

Les voix
de leurs voix.

J’habite milles corps
Deux terres pleines de sang
Et des blessures félines
incrustées
Dans les étangs de ma mémoire.

Je suis l’exil éternel.
L’itinérante.

Je porte la paix en parure
La transe d’hier
dans le volcan
Des jambes
de ma grand-mère.
Le cri de la révolte
sur ma langue habitee.

Je brusque et je caresse.
Je donne et je prends
Je me souviens et j’oublie.

Je me parfume
des mots et des regards
de ceux qui me précèdent.
Je saute à la ligne,
au bout de ma fureur de vie.

J’ai froid dans les os de mes pieds
Chaud dans le coeur.

J’aime me couvrir des étoiles des livres.
En faire un duvet de soie
Pour les nuits chiennes.

J’aime disparaître et j’aime qu’on me voit.

Je suis l’exil éternel.
L’itinérante.

Je suis le goût des tempêtes
Tantôt l’aurore
Tantôt…

Je suis les prières de l’aube.
Je suis les yeux humides
Les roches salées et le sable qui gratte.

Je suis l’âme qui prend le large.

Je suis la poudre.
La dépouillée.

Je suis
La renaissance
Au feu sacré
De celles et ceux qui m’ont précédé.

Je suis l’humide et le doux.
L’eau et
Le bois qui monte au printemps.

Je suis l’effroi.

Je suis milles soleils et milles diables.

Je suis
La somme des déséquilibres
Le vent qui redresse.

La bêcheuse
L’affabulante
L’aimant-e sacrée.
L’éclopée au creux des vagues.

Je suis pied-ressort
Je suis une plume en sarcophage.

Je suis le transport amoureux.
Je suis la boue sur ton visage.

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