Humeur monstre

Tu suis l’ombre sur le mur.
Tu suis à la trace les flottements que dessine la lumière pâlie sur la surface grise, sale, sur l’effritement doucereux du plâtre.
Lumière molle, lente dans l’air terne, terreuse dans tes yeux. Lumière ne danse pas, tisse sa lassitude comme toile d’araignée.
Lumière tremble de froid, d’ennui blanc, de torpeur de fin d’après-midi.
« Je hais les dimanches ».
Lumière meurt de ce poison.
Cette inaction écrasante dégouline en longues traînées sur les parois écaillées.
Le temps ne passe qu’à travers ce mouvement flou, ce bercement de ta solitude.
Tu suis au sol l’absence.
Tu suis jusque sous la semelle de tes baskets, où aucune lumière ne perce.
Tu suis le souffle noirci sous le lit, sans même aucun monstre dessous.
Aucun monstre que toi-même.

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