Cœur de ville

C’est sous le trottoir, sous le bitume froid, sous les couches de sédiments que bat le coeur de la ville. Il palpite dans les veines souterraines d’invisibles élans, de pulsions de vie, de vibrations.
Sa voix basse murmure en nous sans que nous le sachions. Dans ses bouches naissent des mots indicibles qui remontent en sourdine, aux surfaces d’asphalte, aux immeubles de béton.
Chaque mot inaudible sa direction qui nous fait mettre en pied devant l’autre, par quoi nous tenons au sol, qui fait de nous, arpenteurs urbains, ses disciples muets et disciplinés, dans l’obtuse obscurité des choses. Le coeur angulaire bat et brille dans sa nuit de catacombe et personne ne le voit.

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