réseau racinaire infiniment morcelé
rhizomes enfouis enflent dans l’ombre
dans le souffle de la terre
vivace sa tige est une lèvre
dont on ne sait ce qu’elle embrasse
si elle pousse vers le haut ou vers le bas
ne sait où elle s’enfonce où elle perce
des défenses invisibles
se berce respire les mystères
traverse la roche se niche
dans ses anfractuosités
ses ramifications y saillent s’incarcèrent
dessinent un labyrinthe de sève et de sang
tissé des secrets de l’obscurité
ses filets d’Arachné muscles tressés
lacis nerveux dessus-dessous
sa vie dressée à l’envers
dans le creux du monde