On les adore
Leurs sensibles couleurs
Leurs poésies
Dont on sait ce repaître
Drapés de dignité !
On les adore
Leurs sensibles musiques
Que l’on prétend saisir
Rongés de peur, d’orgueil
Gangrenés d’ignorance !
Mais les nommer.
Leur accorder un nom.
Et ne pas les livrer
A ces geôles d’oubli !
Mais les nommer.
Ces geôles de mépris !
Mais leur tendre la main
A ces cris étouffés
Mais leur tendre la main
Aux larmes qui explosent
Mais leur tendre la main
Elles sont l’ultime armée
De la guerre que se livrent
En nos marges
Les fous que nous avons créés.
Ouvrir nos bras
Nous ne le ferons pas
Ouvrir nos bras
Nous n’avons jamais su.
Et ne plus fuir.
Accueillir l’évidence
Que de ces oubliés
Dépend
La fragile beauté
De notre humanité.