On les adore 
Leurs sensibles couleurs 
Leurs poésies lisières en horizon 

On les adore 
Leurs sensibles musiques 
Sans boussoles à l’assaut de la vie 

On s’en revêt 
On prétend les saisir 
Drapés de 
Dignité 
Gangrenés 
D’ignorance 

Mais les nommer 

Cueillir d’instinct la force 

Mais s’emporter 

Embrasser l’intranquille 
Étreindre les distances 
Et ne pas les livrer
Au glas des forteresses 
Citadelles 
En nos marges
Où se rompent les latitudes 

Mais leur tendre la main 
À ces voix étouffées 
Mais leur tendre la main 
Aux larmes qui explosent 
Mais leur tendre la main 
Elles sont 
L’ultime 
Armée 
De la guerre que se livrent 
Les captifs 
De nos certitudes 

Ouvrir nos bras
Nous ne le ferons pas
Ouvrir nos bras 
Nous n’avons 
Jamais su

Aux chimères grandies 
Hors sillons 
Hors les âges 
Asilées en oubli
Nourries de leurs seuls 
Rêves 

Et ne plus fuir 
Accueillir l’évidence 
Et ne plus fuir 
Que des désarçonnés 
Foulés aux pieds de nos 
Frontières 
Et de nos miroirs clos
Dépend 
La puissante beauté 
De notre humanité

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