Parce que le blanc est la pureté du nouveau-né et de la mariée sacrifiés.
Parce que le rouge est l’éclat offert à leur regard, à leur volonté et l’éclat du sang méprisé.
Parce que le noir surpasse le rouge en soie fantasmée quand il ne prédestine pas à la tristesse obligée du deuil insaisi.
Mon enfant ces couleurs tu voudras fuir. Ne fuis pas leurs nuances fait les tiennes et fais en ta force singulière.
Tu fuiras la pureté mais ne refuse ni le blanc des neiges dont les reflets rendent heureux les frimas ni la transparence des nuages.
N’oublie pas la joie de t’allonger dans l’herbe pour les voir naviguer.
Tu fuiras le rouge soumission mais ne fuis pas celui de la passion partagée qui transporte si loin que rien ne pourra t’y préparer.
Tu fuiras le noir des deuils lourds mais il se fera beau, éclairci des ocres dorés des constellations et des lunes pâles ou rousses.
Tu pourras fuir le rose, s’il ne te sied non plus! Il ne t’es en rien obligé… Il est pour moi gaieté des bourgeons au printemps , nuances aux soleils couchants et magenta de l’arc-en-ciel ! Une sœur, un porte -bonheur!
Sois libre ,ma chérie,libre de fuir et de choisir; seule juge à ton prétoire.
Et si tu préfère le vert et le bleu du ciel et de la terre; profonds émeraudes ou clairs ; rien ne t’y oppose, prends ton choix au plus profond de toi !
Si tu choisis Le Brun changeant de cette terre que nous avons souillée sois en fière tout autant !
Fuis bien, fuis bien ma fille ce qui t’entravera mais je t’en prie ne te fuis pas toi-même, ta liberté en dépendra.