7 heures 30, la lumière impertinente se faufile à travers les lames.
Elle joue avec un souvenir d’obscurité.
Les cloches dansent dans un écho d’éternité.
Promesse d’une nouvelle journée qui s’éveille dans la brume.
Je m’étire.
Consciente de toutes les opportunités qui s’offrent derrière les volets.
Un sentiment de plénitude remplit mon corps hésitant entre sommeil et désir de vie.
Contraste entre chaleur d’un lit et fraîcheur de presque hiver.
J’imagine les premiers rayons du soleil modelant l’horizon.
Je me lève, frissonne au contact du carrelage froid.
J’ouvre les volets dans un grincement rassurant.
Les yeux fermés, je respire la nature parée de rosée, pudique dans ce matin d’octobre.
L’air exalte mes poumons.
J’ouvre les yeux, le spectacle au bout de mon regard.
Les touches jaunes et orangées défient les rouges flamboyants et les verts nostalgiques d’été.
Les crêtes se découpent fièrement dans le ciel d’azur, voie ouverte à des possibles à portée de
courage.
Sérénité, silence, paysage figé de carte postale secrète.
7 heures 40, hypnotisée devant la féérie d’une forêt au petit matin.
J’oscille entre vapeurs de rêves et poésie automnale.
Seule au milieu d’un tout.
Remplie de confiance aux senteurs boisées.
Déjà, le soleil caresse différemment les cimes des arbres.
La luminosité a perdu de sa magie matinale.
Quelques chuchotements montent doucement jusqu’à mes oreilles.
Je devine quelques ombres téméraires.
La vie reprend son rythme, succession de hasards et petits bonheurs d’une journée ordinaire.
Je ferme la fenêtre.
Je suis nourrie de ce moment de beauté hors du temps.
Mon moment.
Ma richesse.
Mon bonheur.
Très bien écrit. Beauté des images, magie des mots et fusion poétique avec la nature.
Perception intense des impressions au réveil.
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