Presque cinq heures

L’heure s’est éteinte. Quiétude paisible au travers du corps. Il est quatre heures quarante huit ce matin. Le plus dur est derrière ses yeux qui cherchent encore à transpercer la nuit. Les lumières du village sont encore éteintes. Pour quelques minutes, ou pour quelques siècles d’insomnie.

Le corps, lui, ne dort pas. Il lutte, avec ses démons insomniaques, qui taraudent l’esprit sain, ou du moins ce qu’il en reste la nuit vers les quatre heures quarante huit. Ni tôt, ni tard, le temps se suspend aux lèvres assoiffées prêtes à tout, à rien, et pourtant enfermées au mitard sans plus rien à boire de décent.


Doucement le chant de la nature change, il s’éveille et me résonne dans tous les muscles. Tendu, harassé, et en vain se jeter contre ce vide subtil, dans cette plénitude entière, qui me débarrasse enfin d’une nuit de plus passée à écrire, car au fond, c’est la seule véritable forme de lutte possible.

Il est quatre heures quarante neuf, hagard, je laisse s’en aller le train de nuit démoniaque de mes obscurs tourments. Le prochain départ, prévoit la nuit d’après, une folle cavalcade cérébrale vers des lieux de silence, où résonnent en chœur les corps encore éveillés.

Mon ami, prends donc ta plume et toi aussi, gratte la nuit afin d’en déchirer sa voûte céleste, pour qu’au travers ta lumière la transperce.

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