Extinction des feux
et le brasier intérieur s’allume.
Rejouer sa vie les yeux fermés
le cerveau grand ouvert.
Cette phrase que j’aurais dû répondre
ce rendez-vous qu’il ne faut pas que je manque
cette personne qui me manque
et qui n’est plus là.
Les ribambelles de pensées
attendaient patiemment
se déplient
font les chauve-souris
dans la cave de mon intimité.
C’est comme une douche
mais ici l’eau est tiède
et collante.
Elle coule
s’immisce dans chaque interstice de mon corps-fourmilière.
Et le corps
qui s’efforce d’obéir à la tête qui fait
pars – mmm non reviens – va t’en – non, reste.
Le corps
qui ne sait plus où donner de la tête qui lui dit
muscle par muscle
abandonne-toi
relaxe
malaxe
Mais elle n’en fait qu’à sa tête, la tête
tactiquement
insaisissable
elle le ghoste.
Et le portable
veilleuse comme un flash dans la tronche
désactive le mode avion
et la cohue du métro débarque dans mon lit.
Se plonger dans un autre bassin
couvrira peut-être
les voix de ma vie imparfaite.
Et les moutons
qui au début sautaient docilement la barrière
de fils en aiguilles se dérobent
disparaissent
échappent à l’attention de mon berger distrait.
Parfois, je lui tends la main
je le prends comme il est
on se disperse ensemble
on saute de pensée en pensée sans s’attacher
on goûte l’air et on repart
là où nous menons le vent
là où
le soleil couchant.