J’étais un pirate sur une mer infernale et je tentais d’attraper dans mes filets les presque morts qui me demandaient juste de sourire. Je suis à présent la presqu’île, le demi-mot qui a trop ri pour convenir et l’océan fendu m’a retourné trois fois. J’étais l’étendue et la confiance tranquille, je suis le trou noir, j’engloutis. J’étais ce que l’on me demandait d’être, je suis l’excès de mes propres souhaits. J’étais douceur, lactée, bleutée, sucrée, algue dansante, souple et solaire, je suis la vase noire, odorante et stagnante, s’accroche à tous les pieds qui voudraient bien s’approcher. Je me retire lentement à chaque vague habitée de coquilles vides, de coraux blancs.
Je suis le fond de la lumière, la fin de la vitesse, la fulgurance et la perte.