C’est un voyage. Des ombres de passants ont surgi du désert. Un chien aboie qui déchire le silence.
On voudrait s’accouder au balcon des vestiges. On regarde la mer, on tait car le silence est criant d’inconnus.
C’est un voyage. Les profondeurs fourmillent de reliques insaisissables.
Des ombres sillonnent les dalles opaques et piétinent vivement les bouffées de tiédeurs.
On évoque la source.
C’est un voyage. On ouvre grand les yeux. On chantonne en silence des airs lointains d’avant qu’on soit.
Un chat grille son poil sur un sentier pétré.
On isole une forme, une image, la parcelle d’un présent que l’on voudrait toujours.
Et l’on pressent le chemin qui s’étire comme une mue lascive et suspendue.