Méiose trip

Vos paupières sont lourdes. Sentez que vous n’existez presque plus. Sentez-le.

Maintenant, éprouvez le feu qui vous transperce. C’est un glaive dans votre poitrine, il pénètre votre cœur derrière vos côtes, exactement entre les deux ventricules, et il en tranche la chair en deux coups successifs, de haut en bas puis de bas en haut.

À présent vous voyez vos deux cœurs séparés battre et flotter dans une lumière rougeâtre, côte à côte mais distincts, et vous seul.e savez ce qu’ils sont, or-pierre, ange-démon, ce sont là des exemples banals de dualités, mais vous, vous expérimentez quelque chose de beaucoup moins grossier, quelque chose de beaucoup moins concevable : votre division ; qui n’appartient qu’à vous ; unique, inconcevable, indicible.

De plein fouet vous recevez cela : votre propre division.

Désormais, vous n’existez plus pour la voix qui vous parle. Vous avez pénétré dans le monde réel. Respirez.
Vos deux cœurs séparés battent à des rythmes différents dont l’assemblage est harmonieux ou chaotique. Écoutez-les.
Lorsque vous aurez bien entendu le chœur de vos deux cœurs, une voix s’élèvera de vos lèvres et

Avec ou contre ou entre eux, vous

Chanterez.

Plus tard peut-être, après le silence, vous ouvrirez un œil, puis l’autre, et vous retournerez dans ce monde-ci. Vous aurez tout oublié : la méiose la musique votre voix et l’air que vous chantiez.
Il n’en subsistera, peut-être, qu’une seule note.

Laisser un commentaire