Vanités

Tu déjoues la calcification des cerises
tu enfreins la loi du velours et du vermoulu
tu regardes : l’étang qui baigne les racines sans futur
les koï qui œuvrent sur l’aval des prières
tu préfères, bien sûr, les nymphéas
tu demandes « qui déferle sur l’horizon que l’on n’a pas vu ? »

tu oseras dans un an
l’oxyde de fer sur la laideur
la rousseur d’une peau surexposée
l’étymologie inversée de la rivière

en ce moment, il fait jour il fait chaud il fait lourd

il pleut des anémones
de mer
une conque de pierre ensablée dans le Sahara acide

tu enveloppes la terre
tu neutralises l’insonorisation
tes pupilles font face au vent salé
ton corps délabré fouette le paysage
comment ? tu étires tout ton être jusqu’au figuier

tu n’entames pas la délicatesse des éléphants

un long roulis élégant
un serpolet dans l’eau de vaisselle
par le soleil, obligé
d’exhaler le noyau d’une cerise caché sous une feuille

tu trempes dans l’ère duveteuse
tu saccages le désir
comment es-tu arrivé jusqu’à moi ?
tu es un camélia violet
tu absorbes les colères
au printemps, les recraches,
en été, les enterres,
à l’automne, les fracasses
et les piétines tout l’hiver

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