Une foule. Je déteste la foule. Personne n’existe dans la foule. Alors puisque l’exercice me permet une foule à quatre ou cinq, ce qui n’est plus une foule, je vais choisir celle-ci, foule petite, groupe humain, communauté, famille.
Il y a celui que j’aurais aimé plus jeune, celui dont le corps est transparent et fort, celui qui m’électrise encore, sa voix et sa posture frêle et grave à la fois.
Il y a celui âgé déjà mais qui n’y paraît pas, dans le rire comme cascade d’eau, dans le regard gardé clair de l’adolescence, celui qui porte et construit, se charge et aime ainsi.
Il y a celle qui cherche, qui cherche et cherche encore, qui tourne et qui cherche, trouve parfois mais ne sait plus qu’elle cherche, il y a son attention et ses expérimentations entières.
Il y a le doux et le secret, celui qui est derrière, entre les deux, qui aime, donne sourire et soutient par les yeux.
Et il y a elle, petite ronde joyeuse et impatiente, petite, dernière, encore inconnue, encore recouverte de l’enfance
c’est très beau.
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