C’est le Nouveau-Mexique
C’est Taos
C’est un ranch

C’est un banc sur le porche
C’est un banc sous le grand cèdre
C’est un sanctuaire au bout du chemin

C’est entre le sanctuaire et le ranch que le ciel monte
Il est bleu, d’un bleu si vibrant qu’il colore mes sentiments
Et écrase l’ocre de la terre et l’émeraude du cèdre

J’y suis allée
Une fois
J’y suis retournée
Chaque jour depuis
Dans ma tête

Sa présence manque
La porte soupire
Le banc se souvient de la légèreté du corps
maigre
Le cèdre se souvient de l’appui du dos contre son écorce
La poussière ocre ne célèbre plus le moindre de ses pas

Mais le ciel 
Mais le ciel et le vent transportent ses paroles

J’y retourne souvent
Chaque fois mon pied vrille sur les cailloux
Chaque fois mon souffle manque
Chaque fois la pièce que je pose sur sa tombe
Brille d’un éclat mat

D’autres pièces peut-être
D’autres pas peut-être
D’autres paroles murmurées dans le cèdre

Il a cessé de respirer
Il est tout autour

Sa trace tremble   
C’est un ranch
C’est Taos
C’est le Nouveau-Mexique

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