J’ai poussé la pierre
j’ai fait rouler la pierre
j’ai cogné la pierre
j’ai tapé la pierre du pied
j’ai shooté dans la pierre
j’ai envoyé la pierre valser
j’ai fait valdinguer la pierre
mon pied la pierre et vlan
hors de mon chemin la pierre !
La pierre a roulé
la pierre a ricoché
la pierre a dégagé au loin
la pierre a fini dans le fossé
la pierre a mordu la poussière
la pierre a atterri à l’envers voilà
c’est la place qui lui revient !
La pierre est dans les broussailles
la pierre est dans les ronces
la pierre est dans les orties
la pierre est dans l’ornière
tant pis qu’elle y reste !
Elle a crié la pierre
elle souffre
elle suffoque
elle étouffe
elle brûle
elle gèle
elle subit un calvaire
elle est au fond du trou
je sais qu’elle a mal
je le sens bien
et je crains le pire
mais comme moi
elle n’a qu’à s’y faire !
Oui, j’ai shooté dans la pierre
qui était sur ma route ce matin
mais pourquoi demander pourquoi ?
pourquoi jouer les innocents avec moi ?
pourquoi demander l’air de rien ?
alors que tu sais très bien pourquoi.
J’ai shooté dans ce gros caillou
c’est parce que j’étais en colère
contre toi contre moi
le pied le caillou la colère
le poème le dit
tu n’as qu’à le relire.
La colère est dans la pierre
la pierre est dans le fossé
tout au fond avec le chagrin
le chagrin la colère la pierre
son cœur s’effrite comme le mien
il est tout gelé tout sec
et pourtant il saigne toujours
crois-moi.