4ème

La fenêtre est close sur la nuit le noir se plaque aux carreaux et sur ma face double vitrage 

Ça laisse une image floue mélangée au clair d’une bougie tremblante je vacille au dedans 

La pièce en reflet nue est emplie d’ombre qui me dévore en bercement dans un halo dansant 

Je fixe mes yeux aux miens ça fait deux paires à contempler deux paires de vide au centre d’une silhouette débordée au cœur d’un ciel sans rebord contenu dans un cadre pvc 

Un œil qui s’engloutit le coin d’une lèvre qui se noie des aplats lourds à l’angle des mâchoires mon visage métamorphe dans le métavers 

Pendue à mes rétines j’imagine la chute 

Ses doigts dans mes doigts
son sourire qui entrechoque mes dents souriantes 
son sexe dans ma bouche
ses blessures sur mon épaule
son venin dans mon sang
mes caresses 
à côté de la plaque
Ses grosses larmes mouillent mes cheveux
il dit – je pleurerai toute ma vie dans tes bras
alors je dis – je ne serai pas là toute ta vie

Il croit 
que l’amour
c’est moi 
mais je sais que lui 
c’est le démon 

Sa tempête dans ma vie
ma tempête dans sa tête 
le lit sans dessus dessous 

Il dit – on règle pas les problèmes en baisant 
et je demande où ils sont les problèmes 
et comment on les règle alors
et depuis quand il veut les régler 
lui avec ses gros bras 
sa grosse bouderie 
ses grands principes tout à l’envers
son honnêteté 
qui n’a jamais dépassé la théorie de la chose.
Alors sa bouche de mensonges 
qu’il faudrait détruire là tout de suite 
dans ce lit ou même en dehors 
en dehors sûrement 

On règle pas les problèmes en baisant – il dit

Il se prend pour qui ce gars à poil 
ce gars ridicule 
les yeux débordants d’égo 
d’orgueil 
de moisissure 
de merde liquide et purulente 
cet enfant de 10 ans qui pleure contre moi
qui n’a jamais réglé aucun problème 
même pas 
une capote
qui craque 
c’est l’enfant non désiré 
lui même 
qui copule comme un singe 
répugnant d’irrespect 
de bave
et de mots hachés qui ne trouvent aucun sens

Le lit est sale 
l’atmosphère fuyante 
ça pue le cul à plein nez 
ça pue la déchéance 

La chambre est plongée d’obscur 
le silence est noir lui aussi
son cœur carbonisé 
mon corps tétanisé 

Je dis un rire 
un rire 
qui tombe 
à plat 
dans une bouche vide 
Un rire 
mon rire 
qui ne trouve 
qu’un écho 
misérable 

Je sais que ce rire 
mon rire 
devrait prendre ses jambes à son cou
ses bras à sa bouche
ses mains à son bide 

Et courir 

Être déjà loin. 

PEUT-ETRE ne savons-nous pas explorer l’intuition
nous libérer du je sortir-de-soi EX-ISTENCE
peut-être n’entendons-nous pas l’art
(évidence articulant les inarticulés) EXIT-STANCE
rompre avec attitudes habitudes pré-conçus
& dans ce laisser-apparaître puissant : se glisser
peut-être sommes-nous enracinés dans des luttes
(corporelles sociales familiales) — ONTOLOGIQUES
que la pensée enserre la profondeur dans une logique
EGARANTE pensée celle qui ne sait cesser
la surprendre la suspendre et SENTIR
que la vie est plus simple qu’on ne le croit
que les fabulations des enfants sont vraies
(peut-être qu’elles le sont)
peut-être dort-on rêve-t-on
tout peut arriver dans le rêve on peut être autre
animal plante sensation émotion espace multiple …
peut-être est-ce cela le VRAI
les totalités portées par le rêve
l’art serait peut-être une forme du rêve
mouvement de l’un vers l’autre de l’Autre vers l’Un
FLUX PERCEE de la finitude vers l’infinitude
possibilités offertes par le vaste monde
peut-être ne pourra-t-on jamais mesurer l’étendue de tous nos
POSSIBLES
l’art serait la réalisation dans l’arrêt-germe
:action transcendante déploiement
d’un donner-à-entendre
mystères insondables de notre infinitude
art-lisière
PEUT-ETRE…