Quand mes yeux tombent dans les poches de mon pantalon
Comme les flaques de novembre
Ne crois pas que je suis soumise à tristesse à petitesse ou à l’hiver
Quand le sourire m’efface de mon propre visage
Comme les alphabets à la craie sur le tableau aigu
Ne crois pas que mon cœur deblaie de la suie au fond de la cheminée du charbon dans les alvéoles
Quand les larmes s’egouttent une à une roulis salé sur la joue
Comme une dentelle liquide
Ne crois pas que l’âme devienne peine bouillie chapelure
Quand le verrin de l’énergie rétrécit son rythme
Comme une courte paille
Ne crois pas que l’effort se tait se chappe se calcifie
Quand mes doigts se dérobent à fabriquer
Comme une sanction
Ne crois pas que la voix est muette rance et engoncée
Quand l’aurore déverse ses filaments sur mon visage froissé
Comme un buisson de ronces et que
Le soleil m’embrasse venin abrupt
Alors que je m’éveille sur un lit d’hirondelles
Ne crois pas que l’échoppe de mon envie ferme à heure fixe
Elle tire la sonnette d’alarme sur les dessins en grisaille
Au sommet du terril
Mord la sciure
Traverse les champs d’armoise
Fait mousser la poussière