C’est là
là dans la nuit, là sur la dune
là dans le souvenir qui bat et qui déchire
là sous la pluie
là dans l’orage, les éclairs, le tonnerre et les vagues d’une mer
d’un océan, qui avance et recule dans la nuit
qui gronde, qui hurle dans ma poitrine
C’est là
à l’intérieur et dans tes yeux
comme l’effarement qui se devine
dans la froideur d’une mécanique désincarnée
à laquelle on se remet
pour sa survie
C’est là
un dard enfoncé dans la peau
jamais extrait
qui s’est dissous au fil du temps
a diffusé son poison dans le corps, les veines, l’esprit
qui s’est dissous, délayé, délayé, délayé
et coule dans mes failles depuis 35 ans
un ruisseau qui creuse
mais polit les parois
facteur d’érosion d’un parcours de vie