Vois,
J’ai pris l’émeraude de son regard et l’ai glissée sous mes paupières,
J’ai élimé son tranchant, j’ai battu son cœur au rythme de mes cils,
Je l’ai cerclée de khôl comme on trace une frontière
Comme les cendres d’un feu te tiennent loin des loups
Vois,
Son visage est doux maintenant
Il ne connait plus de foudres
Regarde,
Glisse tes yeux entre mes doigts
Qu’ils coulent là leurs larmes comme poignées de sable
Qu’ils roulent leurs terreurs comme boules de brindilles
Virevoltent dans les plaines désertes
Regarde,
Comme ils entrainent avec eux
Les grains d’une mémoire meurtrie
N’aie plus peur
Les ombres sont hagardes maintenant
Elles plissent leurs cernes dans les draps fins d’une peau
Que tu as connue tendre
Je vais te dire
Tu peux plonger sans crainte dans son amour maintenant
Ramasser les éclats de ses pupilles
Comme autant de billes
De pardon