je me dis : tout brûle tout fond tout s’effondre —
on marche sur des braises
on respire des cendres
on boit de l’acide
on appelle ça vivre —
qu’en faire ?

je me dis : la peau garde tout —
les griffures de l’enfance
les morsures du monde
les baisers non-voulus —
elle retient
elle refuse d’oublier
elle parle à ma place —
qu’en défaire ?

je me dis : les jours sont des bêtes affamées —
ils nous rongent les os
nous avalent tout crus
nous digèrent sans un bruit
dociles on tend la gorge —
qu’en refaire ?

je me dis : il faudrait mordre hurler arracher
les fils qui nous cousent la bouche —
il faudrait casser les murs
renverser les tables
incendier les évidences
mais on apprend à se taire —
qu’en panser ?

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