Les vagues se pliaient
contre elles même
violence viscérale
elles giclaient une salive
d’un blanc ultime
avant de s’écraser sur le plomb
d’une eau matrice d’encre
la crinière du reflux
ouvrait les gerçures des lèvres
pour avaler les derniers rais
de lumière détrempée
le fond de l’océan raclait la gorge
de galets déjà noirs de suie
la submersion d’une étoffe grise
bâillonnait l’horizon
juste la respiration d’un immense remous
persistait sur les visages
avale une flaque de mer sombre
*
lave ton visage de sel gris cendre
*
bave du plancton
*
la nuit a un goût de poisson
*
de lieu noir des cavernes
*
la mélancolie se colore d’ombres
*
les fantômes nagent jusqu’aux rivages
des mots
*
la nuit expire ses filaments
A l’aube, le soleil ne s’était pas encore levé, que le silence s’étalait sur les yeux.
Les paupières, mouettes muettes se déployèrent, les vagues refluaient, un mouvement lent se retirait sous les langues. Une aspiration réveillait les pas sur le sable. Ils promenaient leurs chiens sur la plage.