Une marque

une marque :

Cette après-midi j’avais juste envie d’écrire. Puis parler du look. Parce que j’en ai pas. Parler de
l’allure, de ce que l’on pourrait s’imaginer voir de nous. Bien que je ne suis plus la même et que cet
âge là. J’ai voulu le contraindre, j’ai voulu performer le genre, c’est évident. Comment faire autre.
J’ai voulu le perdre mais le revoilà. C’est coûteux et ça ne m’a pas manqué. Le revoilà
                                                                                                            et j’aimerai tant avoir la flemme.

Du coup je me questionne  : 

peut-on garder ses poils au menton
peut-on encore se rougir les lèvres quand on a du poil au menton
peut-on faire semblant de ne pas voir que l’on est boudiné H24
peut-on se foutre de son image
et s’aimer
peut-on se fondre dans le temps
peut-on fêter le retour des nuages dans sa vie
en faire une conversation
peut-on ne faire que lire et que boire des cafés
peut-on ne jamais refermer les livres
peut-on continuer à écrire alors qu’il est bien tard
peut-on aimer les filles et les garçons aussi
peut-on chérir ces retrouvailles
puis-je encore t’aimer dans tout ça

J’ai compris que seule et parmi vous toutEs, ma pensée s’augmentait, allant jusqu’au climaX parfois, 
vous retrouver.
J’ai compris que mon corps était votre corps, d’avant, car vos jambes n’ont cessé de porter nos
jeunesses.
J’ai réalisé que je pouvais écrire ce message : je vieillis. 
J’ai compris que je pouvais écrire tout court.
Mes bras vieilliront comme vos bras et ma jeunesse demeurera dans nos archives.
Je ne suis plus la même.

                                       Autant se manger un petit bout de gâteau.


Cette après-midi, j’avais juste envie de lire. J’ai trouvé sarah kane. Ado je lisais sarah kane.
Ça me donnait envie de m’ouvrir les veines. Ça aurait pu me donner un genre. J’ai lu. J’ai lu la stratégie.
libre de mémoire.

O.K

ouvrir la bouche sans s’écouter parler, pour une fois
dire ce qu’on a dire, être ce qu’on est
en sachant très bien pourquoi, lui en coller une.
*
ok il n’y avait rien à faire
ok dans cette ville étrangère
ok tu étais solitaire.
*
cette immensité de personnes
où l’amour pulse, sans faiblir
le rythme des mots diffère
des discours harcelants, aplatis.
*
été 2025. stratégies pour se voir
tu le sais, ça tourne à l’amour,
des champs de blé trempés à l’eau, au vent de nos histoires irréelles.
*
au-dessus de la nuit, ma main sur ton muscle
le chemin de ma pensée qui s’agrandit et qui imagine
à ta droite, ta meuf.
*
au matin, me sourire, m’embrasser, préparer le thé
le visage incolore sans aucune attente de retour, je suis très calme
sur les vitres une humidité qui débute, qui s’installe.
*
au-dessus des vies passées, des persistantes insomnies
des sécheresses à venir, des tempêtes communes
là-dessus des montagnes russes, des fins de phrases qui s’échappent
des corps chauds qui grimpent, prient en otages,
ce sont les légers souffles de mer
bourdons, hirondelles, pierres chaudes
et pluies d’automne
ce sont les prières qui parfois reviennent dans nos rêves
et l’espoir, et l’espoir
c’est le corps derrière la vitre qui regarde et qui dit : autrefois avait été mon pays.
*
ok j’avais le cœur à l’envers
ok tout ça n’était qu’un jeu
ok on jouait avec le feu
ok on s’est pris au sérieux (…)

1-INTERIEUR 2-EXTERIEUR

je t’ai peu regardé dernièrement, tu n’es plus dans mon champ de vision. où est mon amour pour toi. écoutes-moi encore un chouïa si ça te dit. parce que tu sais je suis en train de partir un peu. ça semble inaudible. c’est très petit. et tu fais comme si tu ne voyais rien. où est ton amour pour moi. te souviens-tu du goût de ma bouche. du pli de mon ventre. de la douceur de mes yeux sur l’ensemble de ton corps. voudrais-tu me dire que tu y es encore pour quelque chose. que ta nuit bascule. que ton cœur intranquille va rencontrer mon cœur d’attaque. C’est mince toi et moi encore toi et moi.

nous sommes sociologues, philosophes, politologues, archivistes, écoutantes, rapporteuses et poètes, nous sommes la joie. rien à justifier. nous sommes l’ensemble de vos contrariétés. le bordel dans vos vies. les trous qui se remplissent. le tout qui n’existe pas. les filles qui dorment en cours. qui traduisent dans les garages. qui dansent en salle de bain. qui sortent des shows télé. les meufs des trottoirs. qui enfilent leurs rollers. qui collent la nuit. le jour. sur ta maison. sur ta gueule. nous sommes celles qui vous voient. celles qui avancent. coupe, coupe. vas-y coupe. ça leur manquera pas, pardi.

Body to body

naître en 79 marcher en 81
regarder la télé en 89 redoubler
en 92 coucher en 95 arrêter le
gymnase club en 99 s’embrasser
en 2000 accoucher en 2004
reprendre le rythme en 2023 se
faire enlever la vésicule en 2024
vieillir en 2025 écrire aujourd’hui

je ne suis rien qu’un petit
fragment de joie sur une piste de
danse
__________ une danse de chambre
une danse de salle de bain
même capable de danser
__________ __________ sur du guetta

comment TU KIFFES TON
CORPS sur du bryan ferry
_____ mais tu y penses, c’était bien
__________ __________ ________à deux

cher sexe je trouve que tu te
décolores
tu as été en attente sur un terrain
vague depuis ce temps je te
regarde en face définitivement
hé sexe j’ai besoin de toi comme
un bon morceau de musique
comme une baignade en eau
froide comme une mousse au
chocolat comme une bande de
fille, plus qu’un autre sexe