Là… j’écris

J’ai longtemps cru que pour écrire, il fallait faire preuve de beaux mots, de belles phrases et de figures de style bien classes.
Mais aujourd’hui, je regarde mes mains virevolter sur le clavier et déposer des mots bruts, des mots bombes, des mots colères, des mots timides, des mots doux, des mots espoirs…
Je regarde le fiel et parfois le miel sortir de mon âme et je profite de cette catharsis pour transformer les trop pleins d’émotions, me retrouver, me réancrer.
Je regarde ces mains abîmées par le travail. Ce travail où je répare, où je redonne une intégrité corporelle en fabriquant des bouts manquants, en remplaçant ces morceaux disparus. Et là, j’y perds régulièrement une partie de ma substance, de mon intégrité, à moi. Aliénation de l’éponge émotionnelle qui peine à ne pas absorber la misère psychologique et physique des
autres.
Alors j’écris, j’écris pour donner du sens, pour retrouver du sens.
J’écris comme une grande respiration après une apnée qui a duré trop longtemps.
Et je dépose sans fioritures ces mots. Ces mots qui sont miens. Ces mots qui libèrent et allègent. Bruts et authentiques.