L’odeur de ta peau est le seul parfum que j’aimerais qu’il me reste. La douceur de celle-ci, le seul doudou comme remède à mes nuits d’insomnies. Je caresse ton visage. J’observe la perfection de tes traits, la beauté de ta pureté, la sérénité de ton sommeil. Je ne me lasse pas de te regarder dormir. Tu es le rayon de soleil qui m’aide à me lever le matin. La boussole qui m’empêche de perdre le nord. L’étoile polaire qui illumine mes noirceurs.
Le rythme course infernale du quotidien et les injonctions à la perfection, détruisent ma patience et ma capacité à me poser avec toi. Et puis les doutes m’assaillent. J’ai l’impression de ne pas remplir ce rôle comme je l’avais rêvée et comme je le souhaite.
Parfois, je nous vois comme si je nous regardais d’en haut et je pleure à l’intérieur en voyant tes petits yeux se remplir de larmes d’incompréhension; et moi qui hurle mon désarroi à la mauvaise personne. Et pourtant, chaque matin, je prends la résolution de te donner le meilleur de moi-même, de te faire sentir mon amour comme je l’avais imaginé avant de te rencontrer.
Mais malgré cette résolution quotidienne, je foire à tellement d’endroits.
Existe-t-il une possibilité de rapprocher nos idéaux de la réalité? D’ancrer nos rêves dans le quotidien?
Catégorie / Claire Limet
Là… j’écris
J’ai longtemps cru que pour écrire, il fallait faire preuve de beaux mots, de belles phrases et de figures de style bien classes.
Mais aujourd’hui, je regarde mes mains virevolter sur le clavier et déposer des mots bruts, des mots bombes, des mots colères, des mots timides, des mots doux, des mots espoirs…
Je regarde le fiel et parfois le miel sortir de mon âme et je profite de cette catharsis pour transformer les trop pleins d’émotions, me retrouver, me réancrer.
Je regarde ces mains abîmées par le travail. Ce travail où je répare, où je redonne une intégrité corporelle en fabriquant des bouts manquants, en remplaçant ces morceaux disparus. Et là, j’y perds régulièrement une partie de ma substance, de mon intégrité, à moi. Aliénation de l’éponge émotionnelle qui peine à ne pas absorber la misère psychologique et physique des
autres.
Alors j’écris, j’écris pour donner du sens, pour retrouver du sens.
J’écris comme une grande respiration après une apnée qui a duré trop longtemps.
Et je dépose sans fioritures ces mots. Ces mots qui sont miens. Ces mots qui libèrent et allègent. Bruts et authentiques.