Leur histoire

Au-dessus d’un petit bout de terre lumineux
Anticyclone et Dépression s’alternent
Allongée avec mes souvenirs
Sur un tapis rayé et coloré
Le dos collé aux bruyères desséchées
La tête posée sur mes bras croisés

J’attends 
J’attends les nouvelles
J’attends et c’est long

J’écoute 
J’écoute les oiseaux solitaires
Qui me survolent
M’encouragent dans leur langue

Me regardent

Je les laisse regarder 
C’est leur histoire

J’attends la mienne

Jugement

Silence noir liquide
En vol d’oiseaux 
Je suis encore loin
Trop loin de son épaule 
Avec ses forces entières
Sa voix rude, rouge, grave
Ses mots restent sans reçu
Coupée carrément 
Conforme les règles 
Mathématiques
Quatre lignes égales
Enfermée à l’hôpital
Dans une petite cellule
Ainsi carrée
Étiquetée, tamponnée
Décidée, jaugée, estimée
Les mains bandées
Dans le dos
Sa voix se brise
Silence noir liquide
Comment lire 
Les lignes 
Les lignes de sa main
De sa paume de main
Les lignes muettes
De    D e m a i n

Hélios

Cheveux attachés 
Chignon haut coiffé

Volonté hautaine

Une minuscule 
Concentration oubliée
Suivie par
Un oubli de respirer

Elle chute du tableau 
Du peintre

Le ciel zinzolin

Les bras des arbres 
Brandissant une banderole

L’alphabet horizontal
expliqué 
en désordre fantomatique

Signes des temps

Le vent noir-violet 
Agite les branches

Des vertiges vert orange

Le monde tourne 
En couleurs psychédéliques

Une brume toute neuve cache 
L’astre du jour

Qui tire le charriot d’Hélios ?

De l’est à l’ouest ? 

Et pendant la nuit à l’inverse ?