Mes mains sont sèches pendant que l’encre du stylo rutile, que mon clavier résonne encore du tambour des touches sous mes doigts.
J’ai soif. J’ai la joie. Une soif de la bouche aux paumes. Une joie anxieuse et bizarre.
Apparition attendue du personnage – et moi aussi malgré moi – à force de l’écrire.
Mes mains fines vieillissent semaine après semaine de chercher la trajectoire dans la fureur lumineuse et le temps déglacé.
Sous ma peau, il y a mes os et de moins en moins d’eau car je me désaltère au travail achevé. Et j’oublie que ma langue est sèche, et que mon nez me brûle de manquer d’eau.
Mais j’ai la poitrine gonflée. Et sortie du jeûn, le soir venu (parfois avant), je bois une rivière en laissant reposer le clavier. J’ai soif car il y a des murs et des corps dans mon nouveau texte. Il y a des êtres qui rugissent de s’ennuyer ou qui n’ont même plus le temps de respirer. J’ai soif mais je bois du temps liquide en écrivant le roman.