Disparition

Il y a tous ces pièges d’un passé composé
Fatras de souvenirs, relents de sensations
De plaies purulentes assoiffées de « pourquoi ?»
Hurlant aux 4 quatre vents des visions fragmentées
D’un socle, pourtant commun, aux reflets cabossés
Que ta disparition soudaine ne fait qu’exacerber.


Comme si tes paupières endormies tiraient pudiquement le rideau pour que rien ne soit dit. 
Comme si ton absence cloisonnait sans appel notre monde au silence.
Comme si tes larmes asséchées empêchaient en miroir un possible pardon.
Comme si nos regards dévoyés ne pouvaient plus se voir sans animosité.
Comme si cette nuit profonde enterrait ne serait-ce que l’ébauche d’une amélioration, nous livrant à jamais à l’incompréhension.

Et que l’obscurité envahissant l’espace, ne réduise à néant toute forme de cicatrisation.

Éternel et vivifiant.

Originel et protecteur.

Il est là, un point c’est tout !

Difficile de l’imaginer autrement…

Comme un acide, puissamment destructeur et toxique qui, par oxydation, commencerait à te ronger de l’intérieur. Déversant un condensé explosif d’hypervigilance et de détestation de toi. Nourricier et affameur !

Dévastateur et pourtant…

C’est une balise Argos, intrinsèquement pluguée dans ton cerveau, annulant toute velléité de fuite, de disparition ! Un écho permanent au souffle de ta respiration actionnant le chaud et le froid à discrétion. Bienveillant et démoniaque ; Sincère et facétieux ; Diaphane et opaque…

 Un chant d’amour à jamais désaccordé ;

Une violence souterraine sans chronicité ;

Un pulvérisateur de sentiments contradictoires ;

Un broyeur d’ego te condamnant à l’errance.

Anxiogène, délibérément ! 

le handicap

Je me contorsionne
Comme un ver esché au bout d’une canne.
Ne me fixe pas comme un corps étranger.
Car moi je m’en balance, en toute impunité !
Et si l’envie te prends de me stigmatiser,
Alors, passe ton chemin, il n’y aura pas offense !
C’est mieux que le mépris ou que l’indifférence !
Ne t’inquiète pas pour moi, j’ai la force d’avancer.
En épargnant mon temps, loin de tes vanités.