Tu es un rêve redouté
Qui révèle une terne réalité.
Tu es un rêve obsessionnel
Qui exagère toujours et encore.
Tu es le rêve envié
Qui permet de m’évader.
Tu rêves de ce jardin luxuriant
Qui ne permet pas de cueillir le fruit défendu.
Tu te rêves, port marin peint par Claude Lorrain
Qui accueille un galion chargé d’or à ras-bord.
Tu rêves de ce quai de gare de banlieue triste
Qui ne voit jamais s’arrêter ce train-fantôme.
Tu rêves d’être un chien lapon dans la neige
Qui talonne les sabots des rennes en troupeaux.
Tu es trappeur du Grand Nord arctique
Qui troque ses peaux contre de l’alcool de contrebande.
Tu rêves d’être ce journaliste dans un salon
Qui soufflette un ministre au milieu des officiels.
Tu rêves d’être le héros victorieux
Qui affronte les forces obscures.
Tu rêves minuscule moustachu, de chaparder ce gruyère
Qui est accroché sur ce piège à mâchoires en bois clair.
Tu rêves de dériver sur ce fleuve sombre
Qui te conduit lentement vers ce palais désert.
Tu rêves d’accueillir Jacques Chirac
Qui vient diner d’un plat de cochonnaille.
Tu te demandes éveillé, si tu peux vivre au-delà de tes rêves ?